Dans la Station Ausone, remplie de monde, une atmosphère de tension palpable s'est installée lorsque Gisèle Pelicot est enfin entrée. Le public, arrêté dans ses conversations, a laissé place à un tonnerre d'applaudissements. Elle a pris la main de Judith Perrignon, la co-auteure, exprimant presque ses excuses face au grand émoi suscité. Cet événement revêtait une importance particulière, d’autant plus que la journaliste Sylvie Hazebrouck, habituée des discussions animées dans cette librairie, n'était pas présente ; l'éditrice Sophie de Closets a pris le relais pour modérer la rencontre, garantissant la sécurité de Gisèle, surveillée par un dispositif de CRS.
« Je n'avais pas du tout l'intention d'écrire un livre », confie Gisèle Pelicot, « mais j'ai compris que mon histoire pouvait servir d'exemple à d'autres. » Son ouvrage met l'accent sur sa vie, souvent réduite à son statut de victime médiatisée. « Je souhaitais que les gens apprennent à connaître qui je suis vraiment, et non pas uniquement à travers le prisme de mon procès », a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux, en se remémorant les viols dont elle a été victime a**.** (Le Monde) **
À travers cette œuvre, elle souhaite retracer l'héritage de trois générations de femmes dans sa famille, se concentrant sur leur résilience et leurs luttes. Judith Perrignon souligne que la complexité de Gisèle a été préservée, révélant une sensibilité profonde vis-à-vis de son corps et de son histoire. « Ce corps oublié des vidéos, je le perçois désormais différemment », explique Gisèle.
Reconstruction et résilience
Comment survivre à la trahison de celui qui a partagé votre vie ? Gisèle Pelicot aborde ce sujet de manière réaliste, évoquant une relation de cinquante ans et ses souvenirs de bonheur. Souriante, elle raconte son coup de foudre pour un nouvel amour, survenu récemment, redonnant une nouvelle dimension à son existence, d'une manière presque juvénile.







