La nécessité de stabiliser la dette publique française exige un effort de 126 milliards d'euros dès 2027, selon un rapport récemment remis à Bercy par quatre économistes. Leur analyse préconise une action immédiate pour garantir un équilibre budgétaire d'ici 2032.
Sans changements politiques significatifs, le déficit public, actuellement prévu à 5% du PIB cette année, pourrait atteindre 5,9% en 2024 et aller jusqu'à 6,8% en 2030. Cette tendance remet en question l'engagement de la France de réduire son déficit en dessous de 3% d'ici 2029. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a déjà signalé que cet objectif serait « difficile à atteindre », notamment en raison des impacts économiques résultant des conflits au Moyen-Orient.
Concernant la dette, les économistes estiment qu'elle pourrait passer de 118,4% du PIB en 2026 à 121,4% en 2027, puis atteindre 130,5% en 2030. Ces prévisions préoccupantes ont été formulées par Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel, et Natacha Valla, qui ont été mandatés le 26 mai pour examiner les enjeux économiques jusqu'en 2030.
L'effort devra être partagé
Pour 2027, les experts annoncent un creusement significatif du déficit dû à plusieurs facteurs : l'augmentation des coûts d'intérêt liés à la dette, l'essor de la loi de programmation militaire, et la suppression de la surtaxe sur les grandes entreprises, qui représentait environ 8 milliards d'euros par an. Ces considérations rendent impératif un effort collectif pour stabiliser les finances publiques françaises.







