Les hostilités entre l'Iran et les États-Unis continuent de s'intensifier, avec des frappes réciproques qui paralysent le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial.
Ce week-end, l'Iran a décidé de fermer le détroit d'Ormuz, promettant de le maintenir fermé tant que les "agressions" américaines persisteront. Pendant ce temps, les États-Unis ont réinstauré leur blocus des ports iraniens, intensifiant ainsi les frappes sur les côtes de la république islamique.
L'escalade de la violence a pris un tournant décisif depuis le début des bombardements israélo-américains le 28 février, et les tensions se sont aggravées après des attaques contre des navires, attribuées à Téhéran au mois de juillet. Selon un rapport de Le Monde, ces frappes sont parmi les plus sévères depuis la trêve de avril, mais visent surtout des cibles militaires, épargnant jusqu'à présent les installations pétrolières de la région.
Des citoyens comme Moustafa Mohammed, un comptable soudanais résidant au Koweït, expriment leur inquiétude. "Chaque jour, je me demande si la situation va s'améliorer ou s'aggraver", confie-t-il à l'AFP. Les tensions à Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire de l'Iran, et les attaques près d'Iranshahr montrent que la guerre a franchi des limites inquiétantes.
Le Commandement américain pour le Moyen-Orient, Centcom, rapporte que les frappes ont significativement diminué la capacité de l'Iran à attaquer des navires dans le détroit. Plus de 30 civils ont déjà perdu la vie depuis le regain de violence, déplorant un climat de peur qui s'est installé parmi les populations locales.
Khadijeh, une artisane vivant dans la province du Sistan-Baloutchistan, raconte comment les enfants sont traumatisés par le bruit des explosions. "Les effets de cette guerre laisseront des marques profondes dans nos vies", s'inquiète-t-elle.
En réponse aux attaques américaines, l'Iran a ciblé des pays voisins, incluant Bahreïn et le Koweït. Le Qatar, malgré son rôle de médiateur, n’a pas échappé aux tensions. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s'est récemment rendu à Doha pour exprimer ses condoléances suite à la mort de l'ex-émir.
La réduction du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par où transitaient avant la guerre un cinquième du pétrole mondial, inquiète l'ONU, qui prédit des conséquences socio-économiques graves. Mardi, seulement 13 navires commerciaux ont été rapportés dans cette zone, selon des données de suivi maritime fournies par Kpler.
Alors que les prix du pétrole refluent légèrement, l'administration américaine semble déterminée à exercer une pression accrue sur Téhéran. Donald Trump a averti que sans relance des négociations, la situation pourrait s'aggraver de manière dramatique. "La semaine prochaine, cela va vraiment mal tourner pour eux", a déclaré Trump, en faisant référence à des cibles potentielles comme des ponts et des centrales électriques.
À Téhéran, les tensions s'affichent également dans les rues, avec des bannières provocantes à l'égard du président américain. Dans un contexte aussi troublé, la question demeure : jusqu'où cette escalade pourra-t-elle aller ?







