L’entreprise derrière le célèbre dessin animé Peppa Pig souhaite exploiter des voix d’enfants pour des publicités, manipulées par l’intelligence artificielle. Cette initiative a suscité de vives réactions et des inquiétudes croissantes au sein de l’industrie.
Les enfants sont-ils traités comme des adultes dans le monde du divertissement ? Pour Hasbro, le géant du jouet qui possède les droits de Peppa Pig, la réponse semble être affirmative. D’après un rapport publié par le média américain Deadline, l’entreprise a récemment proposé aux jeunes comédiens, qui donnent vie à la célèbre famille de cochons, de signer une clause contractuelle controversée. Cela les engage à céder leurs voix à une IA, qui pourrait ensuite les utiliser « dans tous les supports commerciaux de la franchise », selon les avertissements d’AYPA (Agents of Young Performers Association), qui défend les droits des jeunes artistes.
À l’heure actuelle, une pétition a été mise en ligne, rassemblant près de 1500 signatures, pour dénoncer cette procédure jugée dangereuse. La pétition souligne l’absence de mention d’Hasbro et du dessin animé en question, tout en dénonçant une pratique qui pourrait avoir des répercussions à long terme sur les droits des enfants. Les auteurs déclarent : « Un grand studio détenteur des droits d’une franchise pour enfants a récemment proposé des contrats à de jeunes doubleurs. »
Cette situation soulève des questions profondes sur le consentement des mineurs. Le texte de la pétition souligne que « les enfants ne peuvent pas donner un consentement légal en toute connaissance de cause », plaidant pour une exemption totale à l’utilisation de l’IA dans le cadre des voix d’enfants.
Face à cette controverse, Hasbro a réagi en affirmant qu’il prenait le sujet au sérieux. « La protection des enfants artistes est au cœur de l’identité d'Hasbro, elle fait partie de notre ADN. Alors que les normes du secteur en matière d’IA continuent d’évoluer, nous nous engageons à traiter cette question de manière responsable et transparente », a déclaré un porte-parole de l’entreprise.
Cette situation reflète une tendance plus large dans l’industrie du divertissement, où l’impact de l’intelligence artificielle jette une ombre sur les droits des artistes les plus vulnérables. Les experts s’inquiètent d’une dérive qui pourrait mener à une exploitation systématique des jeunes talents, alors que la technologie progresse plus rapidement que les régulations éthique.







