Le paysage financier a vu François Hollande qualifier le secteur de "véritable adversaire" lors de son mandat, cependant, la France se positionne bien différemment aujourd'hui. En effet, le pays est reconnu comme un leader dans la formation des financiers. Selon le classement 2026 du Financial Times, les écoles françaises occupent les premières places.
L'escp, la prestigieuse école de commerce parisienne, conserve la première position pour la quatrième année consécutive. Suivent Skema et les autres institutions éminentes comme l'Essec, l'Edhec et HEC Paris. Cette réalisation met en lumière l'attractivité des écoles françaises, alors même que le marché de l'emploi devient plus complexe pour les jeunes diplômés.
Les anciens élèves de l'escp gagnent en moyenne 183 214 dollars (157 864 euros) trois ans après leur diplôme. C'est l'une des rémunérations les plus élevées au monde, soit une augmentation de 55 % par rapport à leur salaire initial.
Leon Laulusa, président exécutif et doyen de l'escp, souligne que l'école se concentre sur la préparation des étudiants à la finance d'entreprise, en intégrant des compétences en leadership : "Nous préparons très bien les étudiants à la finance d'entreprise, en mettant l'accent sur le leadership."
Des carrières en forte progression
La notable absence de l'université Paris Dauphine dans ce classement interroge. Toutefois, cela s'explique par le choix volontaire des établissements à participer au classement et des critères d'évaluation rigoureux. L'université, bien que reconnue pour ses programmes financiers respectés, n'aurait pas soumis de réponses pour cette édition.
Une étude du Graduate Management Admission Council révèle que la demande pour les masters en finance a progressé de 14 % en 2025. Les écoles adaptent leurs programmes pour se concentrer sur des compétences transversales et des enjeux contemporains comme l'intelligence artificielle et la finance durable.
Les performances de l'escp se distinguent grâce à l'évolution de carrière de ses diplômés et la qualité de son réseau d'anciens élèves, éléments cruciaux dans la méthodologie du Financial Times. L'aspect international des programmes renforce ce succès, avec 58 % des étudiants étrangers.
Skema, qui décroche la 2e place mondiale, est reconnue pour son expérience internationale et son intégration des questions de durabilité dans son programme. Patrice Houdayer, directeur académique de Skema, évoque la reconnaissance du Financial Times comme un reflet de l'engagement collectif pour l'excellence dans l'éducation financière.
Les écoles françaises au sommet
Derrière Skema, l'Essec se classe 4e, l'Edhec 5e et HEC 7e. En tout, 12 écoles françaises sont présentes dans le classement, preuve de la robustesse du système éducatif en finance dans l'Hexagone. Il est surprenant de constater que les États-Unis n'ont que sept écoles dans le top 70, reflet d'une différence systémique dans l'approche de l'enseignement supérieur.
À l'international, HEC Paris reste champion pour la mobilité professionnelle avec une forte représentation d'étudiants étrangers. Les écoles françaises émergent non seulement par la qualité de leur enseignement, mais également par le prestige qu'elles apportent à la formation financière sur le plan mondial.







