L'économie française est-elle à la merci des fonds d'investissement ? Une commission d'enquête parlementaire sur les fonds spéculatifs a récemment publié son rapport, pointant du doigt la "prédation des capacités productives". Selon Aurélie Trouvé, députée LFI et rapporteure, ces fonds ont envahi notre marché avec des méthodes jugées "prédatrices".
"D'un côté, des politiques favorisant les fonds d'investissement avec, par exemple, des avantages fiscaux ; de l'autre, un contrôle quasi inexistant sur leurs pratiques", a-t-elle déploré durant un entretien avec l'AFP. Trouvé attribue la montée de ces acteurs au quinquennat de François Hollande, suivi des mandats d'Emmanuel Macron.
La France, un hub pour fonds d'investissement en Europe
Le rapport note que la France est "parmi les marchés les plus dynamiques" de cette industrie, selon la Banque de France et France Invest. Les parlementaires avancent également que les opérations de leveraged buy-out (LBO), qui permettent de financer l'acquisition d'une entreprise par ses propres revenus futurs, organisent "systématiquement le transfert de richesse" vers les actionnaires. Ils ajoutent que la France est devenue "le principal terrain de chasse" pour ces fonds en Europe.
Les parlementaires se disent préoccupés par le fait que "l'horizon temporel et les exigences de rendement" de ces fonds sont souvent de nature incompatible avec la durabilité nécessaire à la santé des entreprises françaises.
Les hauts fonctionnaires sous la loupe
La commission s'est également penchée sur le rôle de Bpifrance, souvent critiquée pour son soutien aux fonds d'équité et son supposé abandon de sa mission d'intérêt général. Nicolas Dufourcq, le directeur de Bpifrance, a contesté ces accusations, affirmant qu'elles ne reflètent pas la réalité.
Aurélie Trouvé a également évoqué le problème du "pantouflage" de hauts fonctionnaires, comme Nicolas Dufourcq, et d'anciens ministres dans des fonds d'investissement, soulignant la proximité entre Dufourcq et Bruno Bézard, ancien haut fonctionnaire désormais à la tête du fonds Cathay Capital, un des premiers soutenus par Bpifrance. Selon Trouvé, cela pose un problème majeur de conflit d'intérêts et d'intégrité des institutions publiques.







