Ce mercredi, sous une pluie battante, des dizaines d'employés de General Electric se sont rassemblés devant leur usine de Montoir, près de Saint-Nazaire, pour un débrayage symbolique. Ils protestent contre l'incertitude persistante autour de l'avenir de la fabrication des nacelles d'éoliennes. Après un important plan social l'an passé, l'avenir de leurs sites demeure trouble.
Bien que l'État français ait récemment lancé de nouveaux appels d'offres pour l'éolien en mer, la direction de GE semble rester sourde aux évolutions du marché. Alors que leur carnet de commandes se vide après 2027, la tension au sein de l'usine s'est intensifiée. Des salariés ont même été convoqués pour répondre à des accusations de dégradations et d'incidents, une situation décrite par Nicolas Gouret, le secrétaire adjoint du CSE et élu CGT, comme un signe de désespoir face à la résignation croissante de leurs collègues.
En début mai, certains employés ont pris des mesures drastiques, allant jusqu'à cacher des outils pour ralentir la production. La direction a intensifié sa pression en portant plainte pour sabotage. "Nous sommes 350 CDI encore en poste, mais la charge de travail est écrasante, surtout après le départ de 110 collègues l'an dernier", déclare un délégué, exaltant le climat de stress dans l'usine.
Le syndicat CGT accuse la direction de créer une atmosphère malsaine en alternant entre promesses d'une reprise d'activité et silence inquiétant. Alors que la France vise une capacité de 15 GW d'énergie éolienne d'ici 2035, GE n'a pas encore pris de position claire sur la fabrication de nouvelles turbines. Nicolas Gouret s'interroge : "Pourquoi ne sommes-nous pas candidats aux projets immédiats ?" Un constat d'ineptie face à l'exclusivité de leur savoir-faire en France.
Malgré ces défis, les employés expriment une volonté inébranlable de se battre pour leur avenir. "Nous n'allons pas abandonner. La direction doit comprendre que nous sommes déterminés à défendre notre site contre l'adversité", conclut le syndicaliste, tout en gardant un regard critique sur la entrées d'une nouvelle directrice des ressources humaines, dont le dernier poste à Michelin est source d'inquiétude pour beaucoup. En effet, le site choletais de Michelin est en voie de fermeture, menaçant l'emploi d'un millier de salariés.







