Ce jeudi, des enseignants, vêtus de noir, ont défilé devant le Panthéon. Un cercueil et un corbillard les accompagnaient, symbolisant les risques couvert par leur système de prévoyance, réputé pour sa généreuse couverture contre les imprévus tels que l'invalidité ou le décès.
La prévoyance, qui protège leurs revenus lors d'arrêts de travail, n'est pas à confondre avec la mutuelle, qui gère les frais de santé non couverts par la Sécurité sociale. Avec des contributions aussi basses que 10 euros par mois, ce système a été conçu pour assurer un maintien de salaire conséquent.
"À présent, nous ressentons une colère immense", déclare Valérie Ginet, secrétaire générale de la Fep-CFDT. "Il est rare de voir une union intersyndicale se former parmi les enseignants privés sous contrat".
Avec des centaines de participants attendus, la Fep-CFDT a déjà observé plusieurs manifestations locales à travers le pays. Mercredi, elle a signalé qu'environ 500 enseignants s'étaient mobilisés pour défendre leur système de prévoyance.
Ce contrat de prévoyance, propre aux enseignants du privé, a été mis en place depuis 1978. Bien qu'ils sont rémunérés par l'État, ils ne reçoivent pas de financement de sa part pour leur prévoyance. Ce contraste devient d'autant plus visible face à la réforme de la protection sociale des fonctionnaires, introduite par une loi votée en 2024, qui inclut une couverture collective mutuelle pour le secteur public.
Jean-Louis Stalder, président du Syndicat professionnel de l'enseignement libre catholique (Spelc), souligne les négociations cruciales en cours pour tenter de prolonger ce système de prévoyance au-delà de 2026, évoquant des attentes d'accords proches des conditions précédentes. Toutefois, la route semble semée d'embûches.
"Ce dispositif, coûtant environ 60 millions d'euros tous les ans, est désormais critiqué par le Collège des financeurs, qui le juge trop coûteux", ajoutent les syndicats.
Les nouvelles propositions, comme celles venant de la MGEN, pourraient impliquer des coûts deux fois plus élevés pour une couverture moins avantageuse, engendrant des inquiétudes concernant le pouvoir d'achat des enseignants privés. "Pour conserver des garanties similaires, les cotisations pourraient atteindre 100 à 120 euros par mois", alerte Valérie Ginet.
Après la manifestation, les syndicats ont remis une pétition regroupant 20 000 signatures au secrétaire général de l'enseignement catholique. Les discussions pour un avenir de la prévoyance des enseignants privés continuent, dans l'espoir de maintenir un équilibre entre protection et coûts.







