L'ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a été condamné ce jeudi à 15 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Nanterre pour détournement de fonds publics. À 77 ans, il échappe néanmoins à un mandat de dépôt, en raison de son âge, selon le jugement rendu.
Le tribunal a statué sur deux affaires distinctes. Dans la première, Balkany a été reconnu coupable d'avoir utilisé des fonds d'une association subventionnée par la municipalité pour verser des compléments de salaire à son ancien directeur du développement économique. Quant à la seconde affaire, il a été jugé pour avoir mobilisé des policiers municipaux à des fins personnelles, notamment comme conducteurs privés.
Lors de l'audience, qui s'est tenue du 7 au 10 avril, l'ancien élu n'a pas été présent pour le délibéré, invoquant une hospitalisation, comme l'a indiqué son avocat Me Robin Binsard. En plus des peines d'emprisonnement, le tribunal a infligé à Balkany des amendes de 350 000 et 500 000 euros, respectivement, accompagnées de dix ans d'inéligibilité et d'une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans.
La présidente du tribunal a souligné la gravité des actes reprochés, en affirmant que « les faits n'étaient pas dérisoires ». Elle a exprimé sa préoccupation quant à la légèreté avec laquelle certains élus peuvent ignorer les lois qu'ils sont censés faire respecter. Malgré ses précédentes condamnations, Balkany a continué d'adopter un discours similaire au cours des audiences.
Pour rappel, Patrick Balkany a déjà été condamné dans plusieurs affaires récentes, y compris une en 2023, en lien avec la dissimulation de 13 millions d'euros au fisc, aux côtés de son épouse Isabelle. En avril, la cour d'appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour le reste de sa peine de 15 mois à purger. Il a déjà passé cinq mois en détention entre 2019 et 2020, et six mois supplémentaires en 2022.
Cette affaire témoigne des enjeux cruciaux de la transparence dans la gestion des fonds publics en France. Des experts et des observateurs politiques ne manquent pas de rappeler l'importance de la responsabilité des élus face à la justice.







