Depuis son arrivée à Safran, Olivier Andriès adopte une approche inattendue, prenant clairement position sur des sujets épineux comme la réindustrialisation et l'emploi, tout en suscitant des critiques virulentes de la part des partisans de l'écologie. Son style, à la fois sobre et percutant, le distingue dans un monde industriel habituellement discret.
Lors d'une audition au parlement en avril 2025, il a exprimé franche déception face à l'accueil des élus écologistes, déclarant : "Si c'est pour se faire accueillir par des tomates, ce n'est pas la peine." Ce propos maladroit ne fait qu'attirer l'attention sur sa position, notamment à Rennes, où une usine de Safran prévue pour générer 500 emplois a été contestée par des écologistes.
"Je vais être très, très clair: il n'est plus question d'investir dans une ville dirigée par une majorité écologiste", a-t-il affirmé, suscitant l'enthousiasme des milieux industriels tout en soulevant les indignations des ONG qui jugent que sa vision néglige les enjeux environnementaux.
Une vision pour le XXIe siècle ?
Depuis juillet 2025, Andriès a renforcé son influence en devenant le président du Gifas, le lobby important de l'aérospatiale française. Dans ce cadre, il ne se gêne pas pour éclairer les enjeux fiscaux : "Avant de répartir la richesse, il faut la créer", dit-il, orientant les débats vers les véritables défis du secteur. D’ailleurs, il remet en question l’espoir d’une décarbonation rapide, soulignant que l’avion à hydrogène est plutôt une question pour le futur.
Jérôme de Bouchet, de l’ONG Transport & Environment, critique cette approche, assurant qu’"il faut mieux équilibrer les profits à court terme avec les urgences climatiques". Au contraire, Andriès insiste sur l’absence d’un débat sur le transport aérien au niveau global.
Cependant, Safran présente son nouveau moteur, intitulé Rise, qui ambitionne de diminuer la consommation de carburant. Ceci fait écho à leurs efforts pour atteindre une neutralité carbone d’ici 2050, célébrés lors d’un événement au musée d’Art moderne de Paris.
Une machine à cash redynamisée
Avec une carrière impressionnante incluant des rôles au ministère des Finances et à Airbus, Andriès a emménagé chez Safran en 2008, prenant finalement les rênes en 2021 au milieu de la crise du Covid. Face aux défis de l’aéronautique, il a redynamisé Safran, qui a atteint des chiffre d'affaires records en 2025, atteignant 31,3 milliards d’euros.
Safran continue de tirer profit de la forte demande de maintenance des moteurs, s’assurant la rentabilité de ses opérations. Leur moteur Leap est utilisé par de nombreux modèles d'avions, renforçant leur position dominante.
L’expansion internationale de Safran, en particulier en Inde et au Maroc, démontre une volonté de capitaliser sur les marchés émergents. Une nouvelle usine de maintenance à Hyderabad et une chaîne d'assemblage au Maroc témoignent de cette stratégie.
En ce sens, Olivier Andriès réussit à positionner Safran comme une véritable machine à cash tout en avançant dans des territoires encore inexplorés, laissant entrevoir une croissance durable malgré les débats actuels sur la durabilité.







