Ce jeudi, Stellantis, à la recherche d'une nouvelle dynamique, dévoilera son plan stratégique aux États-Unis, impliquant des partenariats cruciaux avec des groupes chinois et le développement de petites voitures électriques en Europe. L'objectif : regagner des parts de marché et retrouver la rentabilité, après une période difficile.
Un programme riche pour le jour des investisseurs
L'événement, programmé à Auburn Hills près de Détroit, sera animé par Antonio Filosa. Il débutera par un discours du président du conseil, John Elkann, avant de plonger dans les détails du plan stratégique. Davide Mele et Ned Curic, dirigeants responsables de la planification produit et de la recherche et développement, prendront également la parole pour approfondir la thématique des produits et technologies.
Stellantis évoquera ensuite son expansion sur divers continents, mettant l'accent sur l'Amérique et l'Europe, avec des interventions des responsables de ses marques comme Fiat, Citroën et Peugeot. L'événement se clôturera par une présentation des perspectives financières.
Une stratégie fondée sur des partenariats multiples
Le constructeur, après une série de pertes sur le marché, a récemment multiplié les annonces stratégiques. Il a décidé de maximiser ses capacités en s'associant à des acteurs chinois, notamment Leapmotor, avec l'intention de relancer la production dans ses usines sous-utilisées. De fait, des modèles de Leapmotor seront produits en Espagne, tandis que l'usine de Rennes collaborera avec Dongfeng, un partenaire de longue date.
De plus, Stellantis a récemment signé un accord avec Jaguar Land Rover pour développer ensemble des produits, concentre ses efforts sur de nouvelles petites voitures électriques à prix abordables, et envisage de relancer une version moderne de la célèbre 2CV, indiquant clairement une volonté de marier héritage et innovation.
« Les partenariats seront au cœur de notre stratégie », déclarait récemment un porte-parole de Stellantis, soulignant l'importance de ces alliances pour contrer la concurrence sur le marché automobile global.
Stellantis réévaluera également la hiérarchie parmi ses 14 marques, avec un focus accru sur les modèles à forte demande comme Jeep et Peugeot, tout en adoptant des mesures pour réduire les coûts.
Un grand ménage industriel pour s'adapter aux défis
Depuis sa création en 2021 à partir de la fusion PSA-Fiat-Chrysler, Stellantis a vu ses parts de marché diminuer en Europe. Pour inverser cette tendance, Antonio Filosa initie un grand nettoyage industriel, avec une réduction de la production de véhicules électrifiés au profit des modèles à moteurs thermiques. Cette nouvelle stratégie devrait permettre de réaligner les dépenses et de maximiser les profits.
Avec des enjeux cruciaux à relever face à la montée en puissance des constructeurs chinois, qui séduisent les consommateurs avec des offres économiques, Stellantis s'ouvre à des collaborations pour s'assurer une place sur le marché européen, tout en redéfinissant son identité et sa présence.
En pleine réorganisation, le groupe a pour ambition de voir ses usines européennes, telles que celle de Madrid, se transformer en plateformes de production pour les marques chinoises, augmentant ainsi la compétitivité tout en préservant les emplois.
Michael Foundoukidis, expert automobile chez Oddo, note : « L'Europe nous paraît rester la région la plus difficile à redresser, et des partenariats ne sauraient constituer à eux seuls une réponse suffisante ». Cette analyse souligne les défis complexes auxquels Stellantis doit faire face.







