Stellantis continue d’explorer des partenariats stratégiques avec des entreprises chinoises. Récemment, le constructeur a annoncé un accord avec Dongfeng pour distribuer des véhicules électriques de la marque Voyah en Europe et produire des modèles dans son usine de Rennes, située à l’ouest de la France.
Cet accord va établir une coentreprise gérée à 51% par Stellantis et 49% par Dongfeng, qui sera consacrée à la distribution des voitures Voyah sur des marchés européens ciblés. Comme l'indique un communiqué de Stellantis, l'usine de La Janais à Rennes sera dédiée à la fabrication de véhicules électriques ou hybrides de Dongfeng, suivant un précédent accord pour la fabrication de modèles de Leapmotor dans des usines espagnoles.
Cette initiative s'avère stratégique car la production locale permettrait de contourner les taxes européennes sur les voitures électriques importées depuis la Chine, un enjeu de taille pour les fabricants chinois.
L’usine de La Janais, qui souffre d’un sous-emploi chronique, ne produit plus que le SUV C5 Aircross de Citroën, comptant aujourd’hui seulement 2 000 salariés. Loin des 12 000 employés des années 1980, son avenir semble plus incertain. « C'est une bonne nouvelle pour l'usine de Rennes. Cela prolonge notre visibilité jusqu'à huit ans grâce à ce nouvel accord », a déclaré un porte-parole de Stellantis.
Les syndicats, tout en accueillant la nouvelle, exigent des garanties quant à l'emploi et aux conditions de travail. La CFDT a ainsi demandé des mesures solides pour les salariés, tandis que la CGT a plaidé pour un plan d’embauche ambitieux afin de soutenir les travailleurs locaux.
Il est à noter que Stellantis et Dongfeng avaient récemment relancé leur partenariat historique de 30 ans, annonçant la production commune de nouveaux véhicules Peugeot et Jeep à énergies nouvelles en Chine à compter de 2027. Cette nouvelle coentreprise inclura également la responsabilité des achats, ce qui devrait optimiser la compétitivité des véhicules électriques de Dongfeng.
Stellantis, qui fait face à une perte de parts de marché en Europe depuis quatre ans et a signalé des pertes de plus de 20 milliards d'euros en 2025, doit annoncer son nouveau plan stratégique pour retrouver rentabilité et croissance. Les alliances avec des entreprises chinoises devraient jouer un rôle crucial dans sa stratégie.
Les usines européennes périclitent en surcapacité, près de 50% selon les analystes. Bernard Jullien, expert du secteur à l’Université de Bordeaux, tempère la situation, soulignant que la solution actuelle pourrait n’être que temporaire. « Bien que ces partenariats aient du sens, ils comportent des risques à long terme pour l’usine de Rennes », affirme-t-il.
Pour Gianmarco Guadalupi, du cabinet Efeso Management Consultants, la stratégie a du sens : « En intégrant ces modèles chinois dans son offre, Stellantis renforce sa part de marché et ses bénéfices. »







