Des véhicules chinois fabriqués en France, c'est désormais en bonne voie. En effet, Dong Feng s'apprête à assembler l'un de ses modèles au sein de l'usine Stellantis de Rennes, située en Ille-et-Vilaine. Ce projet fait suite à un accord stratégique entre les géants de l'automobile français et chinois. Les employés accueillent cette nouvelle comme un très bon signe, puisque cela promet de relancer l’activité sur le site.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Les travailleurs de Stellantis ont reçu une annonce qui pourrait changer la donne : l’usine de Rennes va commencer à produire des voitures Dong Feng à partir de 2028. “On espère que cela va permettre d’augmenter le volume de production, de recruter du personnel, et de retrouver un rythme de travail de trois équipes comme par le passé”, se réjouit l'un des salariés. En revanche, certains expriment aussi des inquiétudes : “J’ai peur qu’à l’avenir, ils viennent transférer des ouvriers chinois ici”, confie un autre ouvrier.
Les SUV électriques de Dong Feng qui sortiront des lignes de l’usine ne seront pas des modèles à bas prix, avec un coût initial d’environ 50 000 euros. Actuellement, la seule voiture produite à Rennes est la C5 Aircross, un modèle de Citroën. Cependant, l’usine n’opère pas à pleine capacité, ce qui a poussé Stellantis à collaborer avec Dong Feng. “Pour nous, cette annonce est comme une bouée de sauvetage. Nous sommes dans une situation difficile en Europe, avec des usines qui peinent à fonctionner normalement. Cette décision est donc assurément positive, même si beaucoup reste à définir,” assure Laurent Valy, délégué syndical CFDT chez Stellantis Rennes-La Janais.
Des usines chinoises se développent en Europe
Rennes n'est pas la seule localité européenne qui attire l'attention des fabricants chinois. Stellantis a également établi un partenariat avec Leapmotor pour ses installations en Espagne, à Saragosse et Madrid. D'autres acteurs comme Chery et Xpeng se lancent eux aussi dans l'aventure européenne avec des sites de production à Barcelone et Graz, respectivement.
BYD, la célèbre marque chinoise, envisage même la construction de sa propre usine sur le vieux continent. “Nous devrions voir sortir notre premier véhicule d'une usine en Hongrie d'ici la fin de l'année,” annonce Dorothée Bonassies, directrice générale de BYD France. Bien que les coûts de production soient plus élevés en Europe, cela présente certains avantages. “Un constructeur peut compenser par des prix de vente plus élevés en Europe par rapport à ceux pratiqués en Chine, tout en évitant les droits de douane en transportant ses véhicules directement depuis son usine locale,” explique Arnaud Aymé, expert en transports chez Sia Partners.
Tout cela contribuera à renforcer les ventes des manufacturiers chinois en Europe, qui ont représenté 6% du marché l'année dernière. Cette dynamique pourrait bien transformer le paysage automobile européen dans les années à venir.







