Le gouvernement allemand doit dévoiler ce mercredi des prévisions de croissance revues à la baisse. Ce phénomène est fortement influencé par la crise énergétique exacerbée par le conflit en Iran, qui impose une pression croissante pour initier des réformes destinées à relancer une économie désormais fragilisée.
Les nouvelles estimations devraient se rapprocher des projections ajustées des principaux instituts économiques du pays, qui ont récemment prévu une croissance de 0,6 % pour 2026 et de 0,9 % pour 2027. Cette révision fait écho à la flambée des coûts énergétiques engendrée par les dérèglements géopolitiques.
Jusqu'en janvier, Berlinanticipait une croissance de 1,0 % pour l'année, mais la situation a radicalement changé à la suite du conflit qui a éclaté entre les États-Unis, Israël et l'Iran fin février, alors même que l’Allemagne espérait un redressement économique après trois années de stagnation.
L’Allemagne subit pour la deuxième fois en à peine cinq ans une importante perturbation des prix de l’énergie, cette fois-ci causée par la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale fermée depuis sept semaines par les tensions avec Téhéran, un phénomène qui affaiblit encore plus la première économie d'Europe.
La guerre en Iran a eu des implications directes sur le taux d'inflation allemand, qui a atteint 2,7 % en mars, soit une augmentation significative par rapport à 2,1 % précédemment estimé. Les instituts de prévision s'attendent désormais à un maintien de ce taux autour des 2,8 % pour l'année, en raison de l'impact sur les prix du carburant et du fioul domestique.
Le FMI a également révisé à la baisse ses projections de croissance pour l'Allemagne, réduisant les prévisions de 0,3 point, pour établir une croissance à 0,8 % cette année et à 1,2 % l'an prochain dans un scénario standard.
Le ministre des Finances, Lars Klingbeil, a mis en avant, lors d'une récente déclaration à la presse allemande, que le conflit avec Téhéran continuera d'avoir des effets structurels sur l'économie mondiale et allemande, même si un retour à la paix se produit rapidement. "Nous avons besoin de réformes ambitieuses pour retrouver notre élan", a déclaré Klingbeil au Frankfurter Allgemeine Zeitung.
La situation est particulièrement préoccupante dans une Allemagne vieillissante où la diminution de la population active pose un problème critique. Cela met le gouvernement, désormais en coalition entre les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD), sous pression pour répondre aux attentes croissantes des milieux économiques.
De nombreux chefs d’entreprise expriment leur frustration face au retard dans la modernisation des infrastructures promises par l'État. Par ailleurs, ils demandent des réformes pour alléger le fardeau bureaucratique et réduire les coûts énergétiques, essentiels pour le maintien de la compétitivité du "Standort Deutschland".
La récente annonce permettant aux employeurs de verser des primes exonérées d’impôts de 1.000 euros en 2026 pour compenser les hausses de coûts énergétiques a suscité des réactions mitigées au sein des milieux d'affaires.
Ces prévisions de printemps ne sont pas que des chiffres ; elles forment la base de la planification budgétaire de l'État fédéral, des Länder et des municipalités. Une réduction des prévisions de croissance pourrait se traduire par une diminution des marges budgétaires, ce qui compliquerait encore la préparation du budget fédéral pour 2027, prévu pour fin avril.







