Avec À voix basse, Leyla Bouzid offre un regard percutant sur la répression de l'homosexualité en Tunisie, avec une sortie prévue en salles le 22 avril. Le film explore avec une sensibilité rare la vie de Lilia, une jeune ingénieure lesbienne, et de son oncle décédé, confrontant ainsi les silences d'une famille tunisienne. La presse régionale souligne l’importance de cette œuvre qui met en lumière des thèmes délicats, souvent éludés dans la société tunisienne.
“Avec À voix basse, Leyla Bouzid continue d'explorer des territoires internes où les conflits se manifestent à travers des regards échangés, des gestes hésitants, ou des phrases interrompues”, comme le rapporte La Presse. Ce troisième long-métrage offre un portrait nuancé des tensions familiales provoquées par le tabou pesant sur l'homosexualité.
Une enquête sur la vie et la mort
Dans cette nouvelle œuvre cinématographique, Leyla Bouzid dresse un tableau actuel de la société tunisienne à travers l'histoire de Lilia. De retour d'une vie en France pour enterrer son oncle Daly, elle découvre des secrets troublants liés à cet homme dont l'homosexualité était un sujet tabou. Les circonstances de sa mort, bien qu'une autopsie ait conclu à une crise cardiaque, soulèvent des questions, notamment à son sujet, retrouvé dans des conditions inquiétantes.
Dans son enquête, Lilia s’immerge dans un environnement familial marqué par les non-dits. Elle réalise que les opinions de ses proches, y compris celle de sa mère, divergent sur l’acceptation de l’homosexualité.
Une répression renforcée
Cette œuvre se transforme en une sorte d'élégie familiale, émouvante et révélatrice d'un isolement imposé par la société. Comme le remarque Independent Arabia, le film aborde des problématiques relatives au désir et à l'affirmation de soi dans un environnement hostile. La répression légale, maintenue depuis la période coloniale grâce à l'article 230 du Code pénal, prend une forme plus sauvage sous le régime actuel, augmentant la terreur parmi les communautés LGBT.
Des performances mémorables
Dans À voix basse, la place des femmes est centrale, et leur représentation est empreinte d'empathie. L'actrice Eya Bouteraa, en incarnant Lilia, livre une prestation qui n’a pas manqué d'être saluée, tandis que Hiam Abbass, jouant sa mère, apporte une touche de finesse à ce drame familial. Bien que certains critiques, comme ceux du journal Al-Akhbar, mettent en avant un air de déjà-vu dans l’intrigue, la vision d’une Tunisie où les luttes LGBTQI prennent de l'ampleur est un message qui retentit profondément.
Ce film, s’il aborde avec nuances une thématique délicate, rappelle surtout les luttes contemporaines pour la reconnaissance et l'égalité des droits, dans un pays où les voix des associations LGBTQI s'élèvent de plus en plus depuis la révolution de 2011.







