Pour le premier trimestre 2026, les taux des crédits immobiliers se maintiennent à 3,23% en moyenne, inchangés par rapport à février et à peu près au même niveau qu'au début de l'année. Ce calme inattendu survient dans un contexte global incertain, avec des prévisions de stagnation du marché immobiliers, comme le rapportent des spécialistes du secteur.
Malgré les incertitudes géopolitiques et la dégradation des indicateurs économiques, cette tendance stable est attendue de se poursuivre en avril. Michel Mouillart, économiste à l'Observatoire, a précisé lors d'une conférence : "Bien que la BCE envisage de relever ses taux, une diminution des ressources d'épargne pourrait amener les banques à rester vigilantes dans leurs décisions."
Baisse de la production de nouveaux crédits
Un ralentissement notable a été observé dans la production de nouveaux crédits, avec une légère augmentation de 0,8% par rapport à l'année précédente. En revanche, le marché de l'ancien a enregistré une contraction de 2,3%, marquant un phénomène inédit depuis deux ans. Toutefois, le nombre de nouveaux prêts a connu une hausse de 4,7% toutes catégories confondues, avec une forte demande dans l'ancien.
Le jeune acquéreur sous pression
Ce changement est largement dû à la précaution accrue des candidats à l'achat face à la conjoncture économique. Les primo-accédants, traditionnellement plus actifs, semblent se retirer, laissant la place aux secundo-accédants. Comme l'indique l'Observatoire, le pouvoir d'achat des ménages a diminué de 0,6% au premier trimestre 2026, en contraste avec une progression de 2,4% en 2025.
Selon le professeur Mouillart, "les ménages les plus à risque face à la hausse des taux sont ceux qui luttent déjà pour accéder au marché immobilier". De nombreux ménages peinent à respecter le plafond d'usure fixé par la Banque de France, entraînant un resserrement de la demande, surtout chez ceux disposant de faibles revenus.
Besoins d'apports personnels accrus
Dans ce contexte difficile, l'apport personnel dans les transactions immobilières a augmenté de 3,2% par rapport à l'année précédente, après une baisse notoire en 2025. "Ce n'est pas uniquement le niveau des taux qui bloque le marché, mais avant tout les exigences sur les apports personnels", conclut l'économiste.
Les prévisions pour le premier semestre de 2026 semblent suggérer une continuité, avec des taux qui pourraient culminer à 3,55% d'ici la fin de l'année, potentiellement atteignant 4% en 2027. Les banques, tout en surveillant les décisions de la BCE, continuent de naviguer prudemment dans ces eaux troubles.







