Stellantis a révélé, le 16 avril, un changement majeur concernant son usine emblématique de Poissy, située dans les Yvelines. Prévue pour fermer ses portes à la production automobile après 2028, l'installation sera réaménagée en centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules, avec un plan d'investissement ambitieux de 100 millions d'euros qui permettra de maintenir environ 1 000 postes sur les 1 500 actuellement en place.
Le groupe italo-franco-américain, qui regroupe les marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat et Chrysler, a confirmé que des départs naturels et volontaires seraient privilégiés à l'occasion de la réorganisation. Dans un communiqué, Stellantis a déclaré : « Le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne », ajoutant que l'activité automobile à Poissy se poursuivra au moins jusqu'à la fin de 2028.
À terme, le site accueillera « quatre nouvelles activités industrielles, pleinement opérationnelles d’ici à 2030 », visant à « maintenir 1 000 postes ». Ces nouvelles lignes porteront sur la fabrication de pièces automobiles, la valorisation des pièces selon des principes d'économie circulaire, la préparation et la transformation de véhicules, ainsi que l'impression 3D pour de petites séries.
Selon le groupe, « compte tenu de la pyramide des âges, les évolutions d’effectifs se feront de manière progressive », ce qui est corroboré par le taux d'absentéisme actuel qui amène à un travail effectif d'environ 1 580 personnes sur les 1 925 mentionnées. « À horizon 2030, avec les départs naturels, le site comptera autour de 1 200 ouvriers actifs », expliquent les responsables de Stellantis.
La reconversion du site de Poissy, qui a été maintenu à flot malgré les perturbations dans l'industrie, répond à l'évolution des besoins liés à un parc automobile vieillissant. Le total de 40 millions de véhicules en circulation, dont la moyenne d'âge est de 12 ans, justifie cette transition.
Une histoire marquée par le changement
Situé à Poissy, ce site, dernière usine d'assemblage automobile d'Île-de-France, a connu son apogée en 1976 avec près de 27 000 employés. Sa fermeture s'inscrit dans un tableau inquiétant : de nombreuses usines historiques de l'automobile en France ont subi des fermetures ou des reconversions. Dernièrement, des usines comme celles de Renault à Boulogne-Billancourt et PSA à Aulnay-sous-Bois ont également connu des destins similaires.
Malgré les incertitudes, Stellantis maintient quatre usines en France parmi 42 dans le monde, avec une production prévue de près de 662 000 véhicules pour 2025, dont 13,5 % proviendront de Poissy. Cependant, l'arrêt de la production à Poissy est symptomatique d'un déclin plus large, accentué par des délocalisations, la transition vers l'électrique et une concurrence accrue.
Un bel avenir en vue ?
Avec une baisse significative des nouvelles immatriculations post-Covid, la situation de l'industrie automobile en France est préoccupante. Selon les données de l'Insee, le secteur a perdu un tiers de ses effectifs en 20 ans, passant de 425 500 en 2010 à 286 800 en 2023. Cela soulève des préoccupations quant à l'avenir et à la viabilité des emplois dans ce secteur crucial de l'économie française.
Lors d'une récente intervention devant les députés, Nicolas Le Bigot, représentant de la Plateforme automobile, a averti que « la France a perdu un million de véhicules à la production depuis 2020, avec 40 000 emplois disparus depuis 2019 », et a signalé que 75 000 postes étaient en péril d'ici 2035 sans intervention.







