Le marché de l'emploi traverse une période difficile, mais l'essor des compétences liées à la transition écologique est indéniable. En dépit d'une conjoncture incertaine, certains secteurs continuent d'afficher une robuste demande.
D'après une étude récente de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), le taux de recrutements de cadres débutants a chuté de 19% en 2024, suivi d'une baisse supplémentaire de 16% en 2025. Néanmoins, des secteurs comme le numérique ou la cybersécurité voient encore de jeunes talents embauchés rapidement. La question se pose : qu'en est-il des métiers liés à l'impact environnemental ?
Une offre en constante augmentation
JobTeaser, plateforme spécialisée dans l'emploi des jeunes, constate une belle dynamique dans la catégorie « Environnement et développement durable ». Michaël Giaj, Insights Manager, souligne : « Cette famille d'emplois a connu la plus forte hausse d'offres ces trois dernières années ». Les postes de chargés de mission RSE et de consultants en développement durable sont particulièrement recherchés.
Cependant, une contradiction persiste : les employeurs sont en quête de candidats, mais ces derniers semblent hésitants. « Bien que ces enjeux soient cruciaux pour les jeunes, cela ne se traduit pas toujours par une volonté de s'engager dans ce secteur », remarque Michael Giaj. En moyenne, une offre d'emploi classique reçoit 20 candidatures, tandis que celles dans le domaine de l'environnement n'en attirent que 11.
Ce manque d'attractivité peut être attribué à la nouveauté de ces métiers et à un manque de clarté quant aux perspectives de carrière. De plus, la question de la rémunération demeure prime dans les décisions professionnelles, ajoutant une barrière à la candidature.
Les entreprises avancent malgré les obstacles
Face à des défis politiques et économiques, de nombreuses entreprises craignaient un retour derrière quelques années en matière d'impact environnemental. Malgré cela, Fabien Sécherre, porte-parole de l'association makesense, affirme que le secteur a su réagir avec résilience. « Les entreprises ont rapidement pris des initiatives pour aller de l'avant », indique-t-il.
Dans les secteurs des énergies renouvelables et des ONG, on observe une hausse des recrutements de 5% et 2% respectivement. Malgré tout, des facteurs tels que les incertitudes politiques et les interruptions de soutien gouvernemental posent des défis sur le long terme. « Des situations instables nuisent malheureusement à la création d'emplois dans ce secteur », avertit Sécherre.
Cependant, cet expert demeure optimiste quant aux perspectives d'avenir pour les professions à impact. « Une transformation est en cours, touchant déjà de nombreux secteurs », ajoute-t-il. L’Ademe chiffre à 420 000 le nombre d’emplois associés à la décarbonation, avec la possibilité d’atteindre 1 million d’ici 2050, soutenus par le développement des énergies, du bâtiment et de la mobilité.
Cependant, les questions de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) demeurent peu intégrées dans les cultures d’entreprise. Un rapport de la Chaire Impact Positif d'Audencia révèle que 35% des salariés perçoivent ces thèmes comme des opportunités de carrière, tandis que 42% avouent ne jamais avoir été exposés à ces concepts.
Les compétences relationnelles deviennent donc essentielles pour qui désire s’impliquer dans ce domaine : savoir discuter, expliquer et convaincre sera primordial pour transformer ces défis en opportunités.
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