Blessé et seul rescapé de son équipe, Hugh se réveille sous le regard d’une enfant aux yeux imbériques qui s'avère être un robot. Non seulement son sauveur, mais aussi sa clé pour comprendre les événements passés.
Bienvenue dans Pragmata, la dernière pépite de Capcom. Ce jeu nous transporte dans un univers où l’homme cherche à dominer la Lune, mais doit faire face à ses créations, désormais maîtres des lieux, ayant fait disparaître toute forme de vie.
Pragmata aborde des thèmes fondamentaux de la science-fiction : la solitude (un cri inaudible dans le vide spatial), l'isolement humain loin de sa planète, et la relation complexe entre l’homme et la machine. L'intelligence artificielle, autrefois bienveillante, se rebelle et pousse le héros à s'interroger sur son destin.
L’homme face au soulèvement des machines
Dans ce vide intersidéral, Hugh n'est pas totalement seul. Il est accompagné de Diana, l’androïde, qui agit à la fois comme son héroïne et comme une représentation de l'innocence humaine face à la machine. Le joueur doit combiner les compétences des deux personnages pour surmonter les obstacles et vaincre leurs ennemis robotiques.
Ce scénario, bien qu'enraciné dans des conventions de l'action-aventure, apporte une touche rafraîchissante dans un paysage vidéoludique où les jeux spatiaux se font rares. Les inspirations cinématographiques, mêlant l'esthétique de 2001, l’Odyssée de l’espace et de Blade Runner, enrichissent l'expérience. La dualité de Diana, entre humanité et machine, rappelle aussi Ghost in the Shell.
Capcom choisit de ne pas se concentrer sur l'exploration technologique, mais plutôt d'introspecter sur notre rapport flou à la technologie, une thématique récurrente dans la science-fiction japonaise.
Le jeu vidéo et l’espace: une histoire de solitude
Le vide spatial a été le décor de nombreux jeux vidéo, de Dead Space à Mass Effect, explorant l'angoisse et l'isolement. Pragmata insiste sur la mélancolie et l’isolement de Hugh, qui communique avec une créature n'étant pas humaine, dans un cadre devenu hostile.
La solitude, face à l’immensité spatiale, est omniprésente. Comme dans Returnal, le protagoniste est entraîné dans une boucle sans fin de questionnements. D'autres titres, tels que Metroid et Prey, utilisent cette thématique pour explorer l'esprit humain confronté à l'abandon.
Dans Pragmata, la solitude est renforcée par l'absence de contacts humains, mettant en exergue notre dépendance à la technologie. Comment se battre contre une IA qui semble inévitable ?
Une IA en miroir de l’humanité
Au cœur de Pragmata, le lien nécessaire entre l’homme et la technologie est représenté avec brio. Ce jeu, initialement révélé en 2020, a suscité des attentes élevées, et semble réussir à en valoir la peine. Visuellement éblouissant et touchant, il nous interroge sur notre rapport à l’intelligence artificielle et les implications qu’elle entraîne.
En abordant des questions sur la dépendance technologique et la peur des machines prenant le dessus, Pragmata ne propose pas une vision utopique, mais plutôt un futur proche où l'humain laisse le contrôle à des entités technologiques.
En effet, la science-fiction, à travers des récits de ce genre, offre un terrain fertile pour explorer les dilemmes moraux auxquels nous faisons face aujourd'hui. La capacité interactive du jeu vidéo permet de vivre cette solitude de manière plus personnelle, incitant ainsi le joueur à réfléchir sur ses choix et leurs conséquences dans notre quotidien vis-à-vis de l'IA.
Le dernier opus de Capcom nous interpelle : que deviendrons-nous quand la machine sera devenue indispensable ? Pragmata ne fournit pas de réponses simples, laissant chacun se forger son propre avis sur les choix humains à venir. Dans ses vastes paysages, le jeu nous pousse à méditer sur notre solitude, face aux avancées technologiques qui sont à la fois des aides et des menaces.
PRAGMATA - Disponible le 17 avril sur PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 2 et PC - Démo disponible







