Le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip) a salué l’effort gouvernemental visant à encadrer les marges des distributeurs pour éviter des hausses excessives des prix des carburants. Face à des tarifs à la pompe en constante flambée à cause du conflit au Moyen-Orient, l’exécutif envisage des mesures pour encadrer ces marges et « prévenir des effets d’aubaine ».
Olivier Gantois, président de l’Ufip, a commenté sur TF1 que l’intention du gouvernement est « louable » et souligne l’importance de s’assurer que les fluctuations des prix soient plus stables. En effet, le projet de décret à l'étude doit prochainement être soumis à l'avis du Conseil national de la consommation, selon les informations révélées par Le Parisien.
Ce texte prévoit que les prix de vente soient fixés selon un prix de référence quotidien, basé sur une moyenne lissée des cours du pétrole à Rotterdam sur les cinq derniers jours. Cette mesure pourrait aider à prévenir des fluctuations trop marquées.
Cependant, d’après Gantois, même si ce décret était mis en œuvre, les baisses potentielles des prix à la pompe seraient minimes, « de quelques centimes par litre », car c’est avant tout le marché qui déterminera les prix. Il a également expliqué que les tarifs dépendront fortement de l’évolution des négociations entre les parties belligérantes.
Pas de pénurie « dans les semaines à venir »
Il a insisté sur le fait qu’il fallait « s'habituer » aux prix élevés tant que le conflit se poursuit, mais ne s’inquiète pas pour le long terme, affirmant que « lorsque les hostilités prendront fin, les tarifs devraient revenir à ceux d’avant la fin février », avec un gazole potentiellement « moins cher » que le sans-plomb.
Cependant, cette vision contraste avec celle de certains acteurs du marché. Michel-Édouard Leclerc, président des magasins Leclerc, a récemment déclaré qu’« il est peu probable que nous retournions aux niveaux de prix d’avant ». De même, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a annoncé que le mois d’avril pourrait être « encore plus difficile que mars » pour la branche énergétique.
Gantois a également précisé qu'il n'y a pas de véritables pénuries en France et ne prévoit pas de crises imminentes. Cependant, il avoue qu'il faut rester vigilant car le détroit d'Ormuz, essentiel pour le transit pétrolier, est toujours en situation tendue.
Les dirigeants des principales enseignes de distribution, notamment Carrefour, Auchan, et Leclerc, ont fait parvenir une lettre au Premier ministre pour exprimer leur désaccord avec le projet de contrôle des marges, arguant que leurs bénéfices, ne dépassant guère deux centimes par litre, sont à peine suffisants pour couvrir leurs coûts d’exploitation.







