Yveline Cann, infirmière libérale à Plougastel-Daoulas et présidente de la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) dans le Finistère, tire la sonnette d'alarme. Chaque jour, elle parcourt entre 100 et 130 km pour apporter des soins à ses patients. Face à l'augmentation des prix du carburant, elle appelle le gouvernement à mettre en place des mesures d'aide pour les infirmiers libéraux, déjà sollicités par des coûts en forte hausse.
« J'ai des collègues qui font en moyenne deux pleins par semaine », témoigne Yveline. « Cette charge financière ne peut pas être répercutée sur le prix de nos soins, dont les tarifs sont strictement fixés. Pour nous, le carburant est une nécessité, pas un choix. » Avec de nombreux professionnels dans des situations similaires, la demande d'aide devient cruciale.
Pression croissante sur les infirmiers
La Fédération Nationale des Infirmiers a même lancé un appel à ne plus prendre en charge de nouveaux patients lors de sorties d'hospitalisation. « Les infirmiers réfléchissent à l'impact de la prise en charge de patients isolés ou éloignés », explique Yveline. Bien que la continuité des soins pour les patients actuels soit maintenue, de nombreux nouveaux patients pourraient rencontrer des difficultés pour obtenir une prise en charge.
« Les infirmiers ne transportent pas des personnes, mais des soins », rappelle-t-elle, soulignant l'importance de leur mission même dans les zones rurales. Les responsabilités des infirmiers sont exacerbées par la crise énergétique.
Vers un soutien urgent du gouvernement
Yveline Cann fait part de son inquiétude quant à la récente annonce du Premier ministre, Sébastien Lecornu, concernant la mise à disposition de 50 000 véhicules électriques en leasing social pour les professionnels à fort kilométrage. Bien que cela soit un début, elle considère cette mesure insuffisante au vu de la crise actuelle. « Ces véhicules ont une capacité et une autonomie réduites qui ne correspondent pas à la réalité des tournées de soins. »
Le syndicat propose également d'autres solutions, comme une exonération partielle de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE). « Nous demandons au gouvernement de nous soutenir dans cette transition sans nous abandonner face à la hausse des coûts énergétiques », conclut Yveline Cann. La situation devient critique et nécessite une action rapide pour garantir des soins à tous, en particulier dans les zones rurales où l'accès aux soins est déjà difficile.







