L'odysée fiscale d'un ex-otage français : un calvaire administratif inattendu

Un ex-otage confronté à l'administration fiscale après des années de détention en Iran.
L'odysée fiscale d'un ex-otage français : un calvaire administratif inattendu
La Direction Générale des Finances Publiques indique que "tout a été mis en œuvre pour s’assurer que ce type de situation ne puisse pas se reproduire". MAXPPP - THIERRY TONNEAUX

Suite aux déclarations d'un ancien otage français, Benjamin Brière, sur ses difficultés avec le fisc, l'administration fiscale a finalement reconnu son erreur dans un message sur X. Un agent n’avait visiblement « pas perçu la gravité de la situation » qu’il vivait.

Détention en Iran entre 2020 et 2023, Brière a partagé ses tristes expériences à son retour. En discutant au Journal du Net, il a révélé qu'il avait été « radié de partout ». « Je n’existais plus aux yeux de la Sécurité sociale et de France Travail. J'ai dû me battre pour tout réactiver, à commencer par les impôts. », a-t-il regretté.

« La première année de détention, je n’ai pas pu dire un mot à ma famille. La deuxième année, j’avais un quart d’heure de téléphone toutes les quatre à six semaines », a-t-il déclaré, ajoutant que dans un tel contexte, les questions fiscales étaient loin d’être prioritaires.

Même en prison on fait sa déclaration

Malgré ses explications, l’administration fiscale n’a pas été convaincue. « On m’a demandé pourquoi je n’avais rien déclaré depuis quatre ans. J’ai expliqué que j’étais en prison, que je ne pouvais pas le faire. À quoi l’agente des impôts a rétorqué que même en prison, on fait sa déclaration... Oui, mais moi j’étais dans une prison iranienne. »

En réponse à ses inquiétudes, il a entendu : « Dans ce cas, votre famille aurait pu le faire ».

Ce dimanche 12 avril, la Direction Générale des Finances Publiques a enfin répondu à cette situation critique sur X.

La DGFiP reconnaît une erreur

La DGFiP a reconnu un « premier contact anormal » avec une agente qui n’a pas saisi la gravité de son cas, qualifiant sa réponse d’« inacceptable ». L’administration a promis que « tout a été mis en œuvre pour s’assurer que cette situation ne se reproduise pas ».

Pour sa part, Benjamin Brière est désormais actif au sein de l’association SOS Otages et milite pour la création d’un statut juridique spécifique aux anciens otages, afin d’éviter de telles mésaventures à l’avenir.

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