Lidl France a officiellement lancé des discussions avec ses syndicats concernant la suppression de 550 postes, représentant environ 1,2 % de ses effectifs. Cette initiative, qui se base sur le volontariat, est une première depuis plus de dix ans pour l’enseigne, alors que le secteur de la grande distribution subit d'importantes transformations.
Actuellement, Lidl emploie 46 000 salariés en France et son objectif est de "renforcer" sa "compétitivité" tout en simplifiant ses opérations sur un marché de plus en plus concurrentiel, selon une porte-parole de l'entreprise interrogée par l'AFP. Elle a précisé qu'aucun départ contraint n’était à prévoir.
La réorganisation, qui sera mise en œuvre via une rupture conventionnelle collective, devrait également permettre la création d'environ 150 nouveaux postes, notamment dans les sièges de l'entreprise à Strasbourg et Châtenay-Malabry.
Les changements visent particulièrement les fonctions support telles que la gestion des commandes, les ressources humaines, et le merchandising. La porte-parole assure que "personne des plateformes logistiques ou des supermarchés ne sera impacté par ces décisions" et que l’objectif est de centraliser certaines tâches pour éliminer des pratiques inconsistantes.
- Un avenir ambitieux -
Malgré cette coupe de personnel, Lidl continue d'affirmer sa volonté de croître, avec un objectif de 2000 magasins en France d'ici 2035, contre 1622 en ce moment. Le groupe détient actuellement 7,8 % de parts de marché, selon Kantar Worldpanel, et vise 10 % d'ici 2030.
Cependant, l'enseigne, qui a perdu 400 000 clients entre 2022 et 2025, doit faire face à des défis importants, y compris la concurrence accrue de leaders tels qu'E. Leclerc. En 2023-2024, Lidl a enregistré une perte de 72 millions d'euros, aggravée par la hausse des coûts liée à la guerre en Ukraine.
- Vigilance syndicale -
Le groupe a décidé de suspendre ses investissements publicitaires à la télévision traditionnellement, suite à une condamnation pour "pratiques commerciales trompeuses". Cette décision est perçue comme une tentative de réduire les coûts.
La phase de concertation avec les partenaires sociaux a été lancée, et la direction assure que les volontaires pour les départs seront soutenus. Toutefois, Mohamed Sylla, secrétaire général d'Unsa Lidl, a émis des réserves, soulignant l'inquiétude parmi les employés face à cette nouvelle démarche. "Ce n'est pas un Plan de Sauvegarde de l’Emploi", précise-t-il, mais les salariés sont soucieux, car ils n'ont pas connu de suppressions de postes depuis 2013.
Cette réorganisation fait partie d'une tendance plus large dans la grande distribution française, où d'autres enseignes comme Casino et Auchan ont également annoncé des suppressions de postes.







