Une courte trêve. La stabilité apparente dans le conflit du Moyen-Orient a rapidement disparu jeudi, alors que les marchés, qui avaient connu un léger regain de confiance suite à un accord entre les Etats-Unis et l'Iran, se retrouvent à nouveau sous pression.
Le pétrole, considéré comme un baromètre des risques inflationnistes, voit ses prix remonter, après un plongeon récent en dessous de la barre des 100 dollars. À 11H45 GMT, le Brent, référence du brut, s'élevait de 4,08 %, atteignant 98,62 dollars le baril, par rapport à 94,75 dollars la veille. De son côté, le WTI américain enregistrait une hausse de 5,23 %, touchant 99,34 dollars le baril, en hausse par rapport à 94,41 dollars.
"L'optimisme autour du cessez-le-feu s'est évaporé, alors que les nouvelles de l'Iran sont devenues préoccupantes. Le très attendu rebound des marchés financiers s'est transformé en un attentisme prudent", explique Kathleen Brooks, responsable de la recherche chez XTB.
Bien que le cessez-le-feu ait amené une accalmie dans la région, sans signalement de bombardements récents, la situation au Liban se complique suite aux bombardements israéliens, qui ont fait plus de 200 victimes selon le ministère de la Santé. Les appels à inclure le Liban dans l'accord de trêve se multiplient.
Des discussions critiques sont programmées dans les jours à venir à Islamabad entre les représentants iraniens et américains, avec le vice-président JD Vance à la tête de la délégation américaine.
Sur les marchés boursiers, l'enthousiasme initial s'est vite transformé en prudence. À New York, les contrats à terme laissent présager une ouverture à la baisse pour les principaux indices : Nasdaq (-0,31 %), S&P 500 (-0,38 %) et Dow Jones (-0,47 %). En Europe, la tendance est également à la baisse avec Francfort (-1,01 %), Paris (-0,63 %) et Londres (-0,21 %). Milan affiche une légère stagnation.
Cependant, les valeurs liées au secteur pétrolier, en pleine reprise après une correction brutale, enregistrent des hausses notables avec TotalEnergies en hausse de 1,84 % à Paris et BP de 2,58 % à Londres.
"Le sentiment sur le marché a nettement changé, et les actions européennes effacent une partie des gains réalisés mercredi", souligne Kathleen Brooks. Selon Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, "la guerre reste un sujet central sur les marchés, tandis que la saison des résultats d'entreprises aux États-Unis ne saura compenser les inquiétudes liées à l'inflation et aux futures politiques monétaires des grandes banques centrales".
Quant aux marchés obligataires, la menace persistante de l'inflation entraîne une hausse des taux d'intérêt. Les rendements de la dette allemande frôlaient les 2,98 % contre 2,94 % la veille, tandis que le taux français s'élevait à 3,62 %.
La crainte de l’inflation pousse les banques centrales à maintenir leur vigilance, prêtes à relever les taux directeurs. Grégoire Kounowski, conseiller en investissement, rappelle que l'OCDE prévoit une inflation de 4,2 % aux États-Unis cette année.
Kevin Warsh, dont la nomination par Donald Trump visait une politique monétaire accommodante, pourrait se heurter à des difficultés pour satisfaire les attentes du président quant à une baisse des taux.







