Une décision marquante fait trembler le corps policier. La Défenseure des droits a signalé, dans un communiqué rendu public mercredi, que les forces de l'ordre avaient utilisé « un usage disproportionné de la force » lors de l'interpellation de Cédric Chouviat en 2020. Ce dernier avait alerté « j’étouffe » avant de perdre connaissance, succombant deux jours plus tard.
La Défenseure des droits (DDD), Claire Hédon, a également exprimé son inquiétude quant à l'absence d'un processus efficace pour « désamorcer le conflit » lors de l'arrestation violente de Chouviat, indiquant qu'une enquête menée en 2021 avait révélé des « manquements déontologiques » préoccupants. Les méthodes brutales utilisées par les agents de police, telle la clé d'étranglement, ont été sévèrement critiquées.
Procès imminent pour plusieurs policiers
Claire Hédon a déclaré au Nouvel Obs que l'incident dévoilait « un dérapage verbal puis physique », soulignant l'intensité du contrôle subi par le livreur de 42 ans, Cédric Chouviat, le 3 janvier 2020, alors qu'il circulait à scooter en utilisant son téléphone portable.
En effet, Chouviat avait documenté la scène avec son portable, dont les enregistrements renseignent sur l'escalade de la violence policière. Ce matériel a été analysé par la DDD, qui a également interrogé les quatre agents impliqués, dont trois doivent être jugés à Paris pour homicide involontaire.
Au cours d'une confrontation déjà tendue, Cédric Chouviat avait fait face à des provocations des policiers, qui ont décidé de l'arrêter pour outrage, après des échanges d'insultes. Les policiers ont recouru à deux clés d'étranglement sur un Chouviat en casque intégral, qui lui ont causé une pression énorme au niveau du cou et aggravé son étouffement.
Conditions de l'arrestation sous un nouveau regard
Les images de l'incident révèlent que, dès les premières secondes, Cédric Chouviat répétait « arrête, je m’arrête, lâche mon casque », puis « j’étouffe » à neuf reprises, signifiant une détresse respiratoire grandissante. Selon la DDD, bien que les policiers aient pu interpréter son attitude comme une résistance, l'emploi de la technique de la clé d’étranglement à deux reprises demeure totalement injustifiable.
Cédric Chouviat, père de famille, est décédé le 5 janvier 2020. Dans son rapport, la DDD conclut que ces gestes, cumulés avec un plaquage ventral prolongé, illustrent un usage manifestement disproportionné de la force. À la suite de cette affaire, la technique de la clé d'étranglement a été interdite depuis juillet 2021.
Bien que le plaquage ventral demeure en fonction, la DDD appelle à un « cadre normatif clair » pour son utilisation. Elle exige que le ministre de l'Intérieur prenne des mesures disciplinaires contre les policiers impliqués, afin d'éviter que de telles tragédies ne se répètent.







