Avec Derrière les palmiers, en salle mercredi 1er avril, la réalisatrice marocaine Meryem Benm’Barek signe une œuvre riche en émotions et en réflexions sociales. À travers la rencontre entre Mehdi, un jeune homme de Tanger, et Marie, une Française aisée, elle soulève des questions sur les inégalités sociales et les échos de l'héritage colonial au Maroc.
Sept ans après son projet précédent Sofia, qui traitait des grossesses hors mariage dans le pays, Benm’Barek revient avec un récit tout aussi intime. Son nouveau film, qui sort dans les salles françaises le 1er avril, s’interroge sur les relations inégales entre les riches étrangers possédant des biens à Tanger et les locaux. La réalisatrice évoque “les liens entre l’intime et le politique, les rapports de pouvoir et l’amour qui reconfigure notre regard sur le monde”, comme le rapporte Le360.
Dans l'intrigue, Mehdi, interprété par Driss Ramdi, voit sa relation avec Selma (Nadia Kounda) prendre un tournant lorsqu'il rencontre Marie (Sara Giraudeau), une Française dont les parents relèvent le défi de la gentrification en rénovant une villa à Tanger que Mehdi et son père travaillent. Les rêves illusoires de Marie, promettant à Mehdi une carrière d'architecte en France, le poussent à abandonner Selma.
Un avenir qui échappe
À travers la beauté et la complexité de Tanger, Benm’Barek confie qu'il était émotionnellement difficile pour elle de tourner dans sa ville natale. Elle évoque “une ville époustouflante, vibrante et remplie de promesses inaccessibles”, mentionnant que la mer représente l'espoir d'un avenir qui reste toujours hors de portée. Son film dépeint donc les tensions entre Marie et Mehdi, mais également les interactions entre Selma, Mehdi, et Marie, mettant en lumière les différences culturelles et sociales qui les séparent.
Ce choix narratif a provoqué des réactions mitigées chez le public marocain. Lors de sa projection au Festival international du film de Marrakech en décembre 2025, certains spectateurs ont quitté la salle, choqués par des scènes jugées audacieuses pour la culture marocaine, comme l'indique Maroc Hebdo.
Défaire les tabous
La réalisatrice insiste sur l'importance d'aborder la sexualité dans son œuvre. “Ne pas en parler serait incohérent, car la frustration sexuelle de Mehdi est cruciale pour comprendre ses choix”, explique-t-elle. Maroc Hebdo souligne que Benm’Barek aborde des thèmes souvent négligés dans le cinéma marocain tels que la gentrification et l’héritage colonial.
La dynamique entre Mehdi et les femmes de sa vie est réfléchie. Selma, issue d'un milieu modeste, représente une approche pudique de l’amour, tandis que Marie incarne une liberté sexuelle qui provoque des tensions. Cette parfaite alchimie entre le personnel et le politique, selon les mots de Maroc Hebdo, peut provoquer des débats importants au sujet des relations de pouvoir au sein de la société marocaine.
En somme, Meryem Benm’Barek ne se contente pas de narrer une histoire d'amour ; elle dépeint une réalité où l'intimité et la politique se mélangent, dérangeant ainsi certains spectateurs. “L’amour, loin d’être un refuge, révèle une arène de luttes sociales”, conclut-elle, quittant le spectateur avec des questions essentielles sur la société contemporaine.







