Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz, l'approvisionnement en pétrole et en produits dérivés pour la Corée du Sud a été considérablement affecté. Les craintes d'une pénurie de plastique, en particulier des sacs-poubelle obligatoires, ont déclenché une frénésie d'achats dans les magasins.
Au cœur de Séoul, M. Kim, propriétaire d'une petite supérette à Gangbuk-gu, observe avec étonnement son présentoir totalement vide. "Normalement, les ventes augmentent légèrement durant cette période en raison des déménagements, mais je n'ai jamais connu une telle situation en vingt ans de commerce,” confie-t-il. Son stock, habituellement suffisant pour un mois, s'est épuisé en seulement deux jours, comme l’a rapporté The Asia Business Daily.
“Les clients veulent prendre des dizaines de sacs à la fois, et cela crée de la frustration. J'ai dû limiter l'achat à un sac par personne, mais j'ai eu des altercations avec une vingtaine de clients aujourd'hui seulement.”
Le 25 mars dernier, au marché de Singi à Incheon, le quotidien Chosun a également rapporté des scènes similaires. "Une foule immense attendait devant un magasin de sacs qui venait d'ouvrir, et à l'intérieur, un employé était accroché au téléphone pour répondre aux commandes tant la pile de sacs diminuait rapidement."
Park Soon-ok, 67 ans, cherche à commander 200 sacs plastique pour son étal de tteokbokki dans la capitale. Elle témoigne en précisant que ses fournisseurs lui ont fait comprendre qu'ils étaient incapables de se réapprovisionner. "Ils m'ont dit que même si la situation se stabilisait, il faudrait six semaines avant de retrouver une bonne disponibilité."
Des sacs-poubelle obligatoires
La dépendance de la Corée du Sud au pétrole importé, particulièrement celui transitant par le détroit d'Ormuz, a des répercussions directes sur le stockage et la production de plastique. En effet, le pays importe 45 % de son naphta, dont 77 % provient du Moyen-Orient, comme le souligne Korea Times. Cette substance est cruciale dans la fabrication des plastiques. Parallèlement, les prix montent en flèche, avec une augmentation récente d’environ 127,9 % selon le Korea Joongang Daily.
La peur d’une pénurie de plastique s’installe dans le pays, reflétée par le constat de The Korea Herald : "Les sacs-poubelle sont ceux qui suscitent le plus d'inquiétude." Depuis 1995, la Corée du Sud applique un système de tarification des déchets en fonction de leur volume, rendant impératif l’utilisation de sacs spécifiques fabriqués selon les normes gouvernementales.
En réponse à cette "crise des sacs plastique", les autorités tentent de rassurer la population. Le ministre Kim Sung-hwan a déclaré : "Il n'y a pas lieu de s'inquiéter sur la disponibilité des sacs-poubelle. Le gouvernement a pris les mesures nécessaires." Si les sacs homologués venaient à manquer, des sacs classiques pourraient temporairement être autorisés pour éviter que les déchets ne s'accumulent dans les foyers.







