La commune de Pont-Croix est au cœur d'une tumultueuse situation politique. L'ancien maire, Benoît Lauriou, récemment battu de huit voix lors des élections municipales, a déposé un recours auprès du tribunal administratif de Rennes pour contester la validité du scrutin du 22 mars. Après avoir dirigé la ville pendant deux mandats, Lauriou se retrouve en position d'opposition et dénonce une série d'irrégularités qu'il souhaite voir reconnues.
Lors de la première réunion du nouveau conseil municipal, qui a eu lieu le 29 mars, Lauriou a signalé ces problèmes, affirmant qu'il avait reçu de nombreuses plaintes d'habitants concernant des tracteurs circulant illégalement la veille des élections. "Certains m'ont signalé qu'ils avaient trouvé des tracts dans leurs boîtes aux lettres après que le délai de campagne avait expiré, ce qui est totalement inadmissible," a-t-il déclaré, mentionnant posséder une vingtaine de témoignages corroborants.
Les accusations qui pèsent ne ciblent pas directement la liste gagnante de Frédéric Tanter, mais plutôt celle de Carine Guillo, ancienne adjointe à la jeunesse, qui a terminé en troisième position. Cette dernière se défend fermement, arguant qu'elle a respecté toutes les règles électorales. "Nous avons le droit de tracter jusqu'à 23h59 le vendredi, et je ne peux pas être responsable des horaires d'ouverture des boîtes aux lettres des électeurs", a-t-elle répliqué.
Frédéric Tanter, le nouveau maire, a réagi à ces accusations en affirmant que c'était une manœuvre de déstabilisation orchestrée par Lauriou. "Il est normal qu'un candidat battu conteste le résultat, mais à présent, nous sommes ici pour gouverner et mettre en œuvre notre programme," a-t-il affirmé avec détermination. Son équipe de cinq adjoints montre également un front uni face à cette situation.
Les tensions au sein de cette petite commune de 1 700 habitants ne sont pas sans conséquences. Comme l'a relevé Lauriou, ces tracts pourraient avoir influencé l'électorat. "Je crains que certains votants, confrontés à ce type de propagande négative, aient choisi de s'abstenir," a-t-il ajouté, exprimant son inquiétude quant à la dynamique politique locale.
Pour sa part, Carine Guillo exprime son chagrin face à cette division, jugeant la situation triste pour une communauté aussi petite. "Il est difficile de voir une commune se déchirer ainsi sur des allégations de ce type," a-t-elle déploré.
Le tribunal administratif a jusqu'à fin juin pour rendre sa décision sur le recours de Lauriou, ce qui maintient le suspense dans cette affaire électorale. Les enjeux sont élevés pour cette petite ville bretonne, où chaque vote compte et où la contestation des résultats pourrait entraîner un nouveau scrutin.







