Un enseignant d'éducation physique a été reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à 18 mois de prison avec sursis ainsi qu'à une amende de 5 000 euros par le tribunal de Thonon-les-Bains. Cette décision fait suite au décès tragique d'un élève, Baptiste, en 2020, qui avait subi un malaise cardiaque durant un cours d'endurance, malgré une dispense médicale.
L'incident s'est produit le 1er décembre 2020. Baptiste, qui devait bientôt fêter son 13ème anniversaire, souffrait d'hypertrophie du myocarde depuis son enfance. Il a succombé à ses blessures le lendemain à l'hôpital de Genève, après avoir été évacué. Selon l'enquête, l'élève dispensé de sport avait l'obligation d'assister aux cours d'éducation physique et de participer à des tâches annexes, mais il s'est effondré alors qu'il courait avec ses camarades.
L'enfant souffrait d'un problème cardiaque
Les parents de Baptiste, Xavier Ledoux et Mélanie Jacques, avaient informé l'établissement à plusieurs reprises des problèmes de santé de leur fils. M. Ledoux a exprimé son indignation face à la décision judiciaire : "Qui peut se contenter d’une peine aussi faible ? 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé," a-t-il déclaré.
Le professeur a tenté de se défendre en affirmant qu’il ignorait que l'élève avait une dispense de sport, regrette de porter seul le poids du drame. L'avocate des parents a critiqué l'absence de responsabilité de l'Éducation nationale dans cette affaire, pointant du doigt un système défaillant.
La décision a suscité un débat sur la responsabilité des enseignants lors de cours de sport, en particulier lorsque des élèves souffrent de conditions médicales. Des spécialistes en droit éducatif, tels que Me Mathilde Reboux, insistent sur la nécessité d'une révision des protocoles sécuritaires dans les écoles. L’affaire sera probablement suivie d'une plainte contre l’Éducation nationale pour négligence.







