La primaire de la gauche, qui ne doit pas inclure Jean-Luc Mélenchon, fait un pas décisif à Tours ce samedi. Les leaders annoncent la date et les modalités d'un processus long en préparation des élections présidentielles de 2027. Cependant, le Parti Socialiste (PS), actuellement traversé par des divisions internes, demeure en position d'observateur.
Au mois de juillet à Bagneux, les figures de la gauche, telles que le secrétaire général du PS, Olivier Faure, et la cheffe des Écologistes, Marine Tondelier, avaient promis un "candidat commun". Ce samedi, ils se réunissent pour rendre la primaire presque inévitable, espérant qu'elle leur assurera une place au second tour de la présidentielle.
Leur calendrier vise le 11 octobre 2026 pour cette primaire, bien que le système de vote reste à préciser. Les membres du Front Populaire 2027, l'alliance formée, comptent également établir les conditions de participation à la primaire.
Néanmoins, des obstacles demeurent. Les deux personnalités de gauche les mieux placées selon les sondages, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, persistent à ignorer cette initiative, convaincus de pouvoir s'imposer comme le choix utile. De plus, le Parti Communiste Français (PCF) ne s'est pas encore engagé, même si PS et Écologistes espèrent une éventuelle intégration.
Olivier Faure, malgré son soutien à la primaire, ne bénéficie pas d’une liberté d’action totale. Le PS attend le résultat d’un vote des adhérents après les municipales pour décider de son implication dans cette dynamique unitaire.
L'opposition interne au PS, notamment le camp de Nicolas Mayer-Rossignol, s’est exprimée lors d'un récent bureau national, critiquant la direction de Faure. Patrick Kanner, chef des sénateurs socialistes, a déclaré sur Radio J : "Faure ira à Tours, mais son mandat n'inclut pas la validation des annonces qui pourraient y être faites”.
Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, s'interroge sur le plan politique que les autres composantes de la gauche proposent pour éviter l'éparpillement des voix.
François Hollande a avancé l'idée d'une fédération de la gauche réformiste, comprenant le PS et des figures comme Glucksmann, Cazeneuve et Jadot, pour désigner un candidat consensuel. Selon lui, la situation actuelle à l'Assemblée, où des membres du PS ont voté contre le budget au risque d’entraîner une crise gouvernementale, illustre l'inefficacité du modèle de primaire.
Du côté de Boris Vallaud, une figure clé au sein du PS, les avis sont sceptiques concernant une primaire jugée peu structurée. Précisant qu'ils souhaitent que le PS annonce d'abord son propre candidat, des proches de Vallaud soulignent les ambitions d'une candidature interne.
À Nantes, la maire Johanna Rolland souligne que les succès municipaux en matière de alliances devraient également s'appliquer aux élections présidentielles. Enfin, Marine Tondelier, observant les atermoiements du PS, rappelle que les nouveaux adhérents favorables à Olivier Faure devraient soutenir la démarche unitaire. Clémentine Autain renchérit, s'inquiétant des mémoires courtes des militants à la lumière des résultats décevants d'Anne Hidalgo lors de la précédente présidentielle.







