Après dix jours de mobilisation intense, l'intersyndicale des médecins a décidé de mettre un terme à sa grève, suite aux engagements obtenus de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, concernant les tarifs et les objectifs fixés par l'Assurance maladie. Le président du syndicat CSMF, le docteur Franck Devulder, n'a pas caché que les syndicats demeurent vigilants et prêts à relancer le mouvement si nécessaire.
« Nous saluons la mobilisation exemplaire des médecins et prenons en compte les engagements du gouvernement. Nous suspendons donc notre mouvement », a déclaré Devulder, tout en ajoutant un message fort : « Plus jamais d’attaques contre la médecine libérale ; sinon, nous n’hésiterons pas à reprendre la grève. »
Lors d'un communiqué publié vendredi, la ministre Rist a promis de revenir sur les décisions qui permettaient à l'Assurance maladie d'imposer des objectifs de réduction des tarifs pour les praticiens. De plus, elle a assuré qu'aucun nouveau tarif pour les actes médicaux ne serait établi sans un accord préalable avec les médecins.
Cette décision soulève cependant des inquiétudes dans le milieu médical. Des experts estiment que les propositions de loi actuellement en débat au Parlement concernant la régulation des installations médicales pourraient raviver les tensions. Notamment, la proposition de loi Garot, déjà votée en première lecture par l'Assemblée nationale, et celle de Mouillé, examinée par le Sénat.
Les syndicats de médecins ont également exprimé leur vive opposition face aux suggestions visant à plafonner les dépassements d'honoraires, émises par certains députés, dont Yannick Monnet et Jean-François Rousset. De plus, ils restent attentifs sur les conditions de travail et de rémunération des docteurs juniors, qui seront chargés de renforcer la médecine générale dans les zones sous-dotées à partir de novembre 2026.
Les négociations se poursuivent entre le ministère et les syndicats, qui estiment pour l'heure que le chemin reste encore long avant d'arriver à une solution satisfaisante. La situation reste donc tendue, et les médecins pourraient se retrouver de nouveau dans la rue si leurs demandes ne sont pas prises en considération au sens large.
Des experts de la santé estiment que cette restructuration de la médecine libérale pourrait avoir des conséquences notables sur l'accès aux soins dans certaines régions, exacerbant les disparités déjà existantes, comme le souligne le média Le Monde.







