La cour d'appel de Bordeaux a confirmé, le 15 janvier, la culpabilité d'un médecin, précédemment condamné pour blessures involontaires après des erreurs de prise en charge ayant conduit à l'amputation d'une patiente en 2011. Bien que sa peine ait été réduite, l'affaire suscite d'importantes interrogations sur la pratique médicale.
À l'origine de cette décision controversée, deux médecins du CHU de Bordeaux ont été déclarés coupables de « maladresse, imprudence, inattention, négligence » ayant provoqué des blessures graves, entraînant l'amputation de membres d'une patiente âgée de 35 ans. Selon les rapportages, cette intervention a conduit à une amputation des jambes, de l'avant-bras droit et de la main gauche, suite à une grave infection qui aurait pu être évitée avec une prise en charge adéquate.
L'un des médecins, initialement condamné à neuf mois de peine de prison avec sursis et 8 000 € d'amende, s'est pour sa part pourvu en appel. Cependant, la cour a réaffirmé sa culpabilité tout en réduisant sa peine à six mois de prison avec sursis. L'amende, elle, demeure inchangée, rapportent nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine.
D'autres actions possibles pour la patiente
Quant au second médecin, il avait également envisagé de faire appel mais a finalement renoncé. Malgré les demandes du parquet, aucune suspension temporaire de leur activité n'a été imposée, et les deux praticiens continuent d'exercer : l'un en tant que gynécologue obstétricien à Bordeaux, l'autre dans le domaine de la médecine esthétique. Une situation qui interpelle et suscite des réactions au sein de la communauté médicale.
La patiente, dont le vécu est devenu un symbole de la lutte contre les erreurs médicales, a exprimé sa frustration face à la décision judiciaire, déclarant : « Les condamnations ne reflètent pas l'ampleur des préjudices que je subis depuis quinze ans. Des preuves existent montrant que les médecins ont failli me tuer et sont responsables de mes séquelles à vie. » Connue sous le nom de Priscilla Dray, elle envisage désormais de porter plainte contre les deux praticiens devant le Conseil de l'Ordre et d'engager des poursuites à l'encontre de l'État pour la lenteur de la procédure. Sa plainte, déposée en 2011, a mis plus d'une décennie à aboutir à un procès, ce qui soulève également des questions sur l'efficacité du système judiciaire français.
Des experts en droit de la santé soulignent l'importance d'une réévaluation des protocoles de prise en charge médicale pour éviter des erreurs similaires à l'avenir. Ce cas tragique met en lumière non seulement les faiblesses du système de santé, mais aussi la nécessité d'un dialogue renouvelé sur la responsabilité des médecins et la sécurité des patients. Comme l'indique un rapport du SNJCD (Syndicat national des jeunes chirurgiens dentistes), il est impératif d’adopter des mesures plus strictes pour garantir la sécurité des patients dans les établissements de santé.







