Dans un climat de tension accrue, la situation politique en Ouganda s’est alourdie après la récente élection présidentielle et législative. Bobi Wine, le principal adversaire de Yoweri Museveni, a été emmené de force de son domicile par un hélicoptère militaire, a rapporté son parti, la Plateforme de l’unité nationale (NUP). Cet incident s’est produit le 15 janvier, lendemain d’élections entachées de violences, qui ont déjà fait au moins dix morts, selon l’opposition.
Les électeurs attendaient des résultats qui, selon des observateurs, semblent fortement en faveur de Museveni, qui brigue un septième mandat. Au lendemain des élections, la NUP a signalé que l’armée avait non seulement capturé Bobi Wine, mais également agressé ses gardes du corps. L’ex-candidat a précédemment dénoncé une répression systématique, qualifiant ce coup de force d’acte de désespoir de la part d’un régime en perte de légitimité.
La NUP a partagé des informations troublantes sur des attaques survenues à Butambala, où des partisans auraient été abattus. Des témoins rapportent que l'armée a tué dix jeunes dans la cour d’un député local. « Après leur exécution, l'armée a continué à tirer et a tenté de détruire les preuves », a déclaré un membre de la NUP. Les leaders de l’opposition et des groupes de défense des droits de l’homme dénoncent désormais ce qu’ils appellent une « mare de sang » sur le territoire national.
Des chiffres inquiétants sur la violence électorale circulent également. Organisme de surveillance, Amnesty International, a indiqué que plusieurs centaines de partisans de Bobi Wine ont été arrêtés, tandis que des incidents de « bourrage d'urnes » sont signalés par diverses sources. Ce climat de répression préoccupe les observateurs internationaux, y compris des experts de l’ONU, qui pointent une intimidation généralisée à l’encontre des électeurs.
Par ailleurs, des témoins affirment que des soldats se sont également rendus dans des villes voisines pour « faire taire » la contestation populaire. Les résultats officiels des élections, qui indiquent une majorité écrasante pour Museveni, sont attendus sous peu. Cependant, la crédibilité de ces résultats est remise en question par le climat dramatique qui entoure le scrutin.
Les journalistes, bien qu'exerçant leur travail avec prudence, notent que l'accès à Internet a été coupé dans plusieurs régions, compliquant la diffusion d'informations et la coordination des actions de protestation. Des voix s’élèvent pour demander l’établissement d’un dialogue franc sur la transition démocratique, mais les espoirs d’un changement pacifique paraissent s’amenuiser avec chaque jour qui passe.
Alors que les forces de sécurité continuent à toucher des secteurs de la société civile à travers la force, les réactions internationales se font pressantes. Les appels à la retenue et à la transparence électorale se multiplient, mais la réponse du régime semble se diriger vers une escalade plutôt qu'une désescalade.







