Les producteurs d'œufs en Vendée ressentent actuellement des tensions sur le marché, exacerbées par des réglementations strictes qui compliquent l'installation de nouveaux poulaillers. La ministre, Annie Genevard, a récemment proposé l'installation d'un poulailler supplémentaire par département jusqu'en 2030, soulignant que la "surréglementation" entrave les efforts pour répondre à la demande croissante. Ce cadre juridique rigoureux, couplé aux aléas climatiques, a rendu difficile la gestion des volumes de production.
Lucie Gantier, éleveuse de 9 000 poules pondeuses au Poiré-sur-Velluire, a indiqué que de nombreux projets de production d'œufs peinent à trouver des producteurs. Elle s'interroge : "Est-ce que les riverains seraient prêts à accueillir de nouveaux bâtiments dans leur voisinage ?" Cette réticence des habitants ajoute une couche supplémentaire de difficulté à la situation déjà précaire.
Malgré ces défis, il convient de noter que la filière des œufs demeure majoritairement française, représentant environ 95 % de la production, contrairement à la volaille de chair, dont 50 % est importée. Simon Ripaud, responsable de l'activité œuf à la coopérative agricole de Vendée, souligne l'importance de l'œuf en tant que "protéine animale la moins chère, avec une empreinte carbone parmi les plus faibles". Cette situation met en lumière les enjeux de l'élevage, notamment la transition vers des méthodes d'élevage plus respectueuses du bien-être animal.
Ainsi, la Vendée, deuxième région productrice d’œufs après la Bretagne, se trouve à un carrefour critique quant à l'avenir de sa production. La réduction des poules en cage, bien que bénéfique pour les animaux, nécessite une adaptation logistique et une concertation avec les communautés locales pour réussir cette transition. Des experts comme ceux du France Bleu apportent également des éclairages sur les déséquilibres entre offre et demande, appelant à des actions concertées pour relever ces défis.







