La tension monte parmi les agriculteurs français qui prévoient une manifestation massive à Paris, mardi matin, avec l'arrivée de plusieurs centaines de tracteurs. Cette action fait suite à des opérations de blocage menées lundi dans divers ports français, accentuant le mécontentement face à l'accord Mercosur, perçu comme une menace pour l'agriculture locale. La FRSEA Grand bassin parisien a été à l'initiative de cette mobilisation, soulignant l'urgence d'agir pour protéger la souveraineté alimentaire, qui se trouve, selon leurs dires, en danger.
Les manifestants se rassembleront place de la Concorde aux alentours de six à sept heures du matin, avec environ 250 tracteurs venant principalement des Hauts-de-France, comme l'a précisé Benoît Raux, secrétaire général de la FDSEA du Nord. Les agriculteurs mettent en avant la nécessité de garantir des "actes concrets et immédiats" en faveur de l'agriculture française.
Alors que l'accord UE-Mercosur est sur le point d'être finalisé, les agriculteurs intensifient leur lutte. Au Havre, première porte d'entrée française pour le trafic de conteneurs, des blocages ont été mis en place sans arrêter complètement l'activité portuaire. Les agriculteurs, qui effectuent des contrôles sur la provenance des produits, dénoncent les importations de produits ne respectant pas les normes de production françaises. "Nous avons découvert des produits chinois, thaïlandais, qui sont nettement en dessous de nos standards, ce qui est inacceptable", a déclaré Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Seine-Maritime.
Le soutien à l'accord Mercosur, qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, est défendu par ses partisans comme un moteur pour les exportations et le développement économique. Cependant, ses détracteurs, notamment des syndicats agricoles comme la Confédération paysanne, argue que cet accord pourrait entraîner l'inondation du marché européen avec des produits moins chers qui ne répondent pas aux normes strictes de l'UE.
Les actions de blocage se multiplient un peu partout en France : des sites d'exportation au port de Bayonne ont également été ciblés, les agriculteurs affirmant qu'il s'agissait de symboles forts des dangers des accords de libre-échange. À La Rochelle, des manifestants ont établi un barrage de ballots de paille, démontrant l'ampleur de la mobilisation. Aux quatre coins de la France, des routes, des ponts, et des sites industriels sont affectés, avec des scores de participants variant entre quelques dizaines et plusieurs centaines selon les régions, comme rapporté par plusieurs médias locaux.
Cette nouvelle vague de mobilisation agricole, qui s'est intensifiée suite à la gestion gouvernementale controversée de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, montre que les agriculteurs ne comptent pas relâcher la pression. Des manifestations sont également attendues dans d'autres villes et un grand rassemblement est prévu devant le Parlement européen à Strasbourg le 20 janvier. Les enjeux sont graves, et les agriculteurs semblent déterminés à défendre leurs intérêts avec force.







