Le groupe Engie, acteur clé du chauffage parisien, se retrouve dans une situation délicate après avoir perdu l'appel d'offres tant convoité pour la gestion du réseau de chaleur à Paris et dans ses environs. Le consortium conduit par Dalkia, une filiale d'EDF, a été retenu pour un contrat de 15 milliards d'euros, soulignant un changement majeur dans la dynamique du secteur.
Catherine MacGregor, directrice générale d'Engie, a exprimé sa déception après cette défaite, qui met fin à près d'un siècle de présence sur le terrain. "C'est un contrat emblématique", a-t-elle déclaré, ajoutant que cela n'affectera pas significativement les activités du groupe. Pourtant, cette concession, qui doit servir le chauffage à près d'un million de Parisiens et à 16 communes voisines, représente un enjeu majeur.
Une possibilité de recours judiciaire
Malgré le coup dur, Engie conserve une lueur d'espoir. Le groupe envisage un recours devant le tribunal administratif, ayant jusqu'au 16 janvier pour le faire. "Nous analysons la situation et réfléchissons à nos prochaines étapes", indique un représentant de l'entreprise. Frank Lacroix, directeur général adjoint d'Engie, a souligné l'importance de comprendre les raisons de cette perte.
Engie a déjà signalé des préoccupations concernant les critères de sélection, affirmant que son offre était compétitive en matière de transition énergétique, de réduction des coûts et d'amélioration des infrastructures. Lors de la première conférence de presse après l’annonce, Lacroix a ironisé sur les évaluations positives de l'offre retenue, rappelant qu'il avait lui-même cru à la qualité de son dossier.
Dalkia : un nouveau chapitre pour le chauffage parisien
L'offre de Dalkia prévoit un investissement de 3,4 milliards d'euros sur 25 ans, visant à produire 76 % de la chaleur du réseau à partir d'énergies renouvelables. Cela représente un bond par rapport aux 50 % actuels. Les plans incluent la construction de nouvelles infrastructures écologiques telles que des centrales géothermiques et un incinérateur à Vitry-sur-Seine.
Une des principales raisons évoquées pour ce choix par la Ville de Paris serait la structure de gouvernance. Dalkia propose un projet qui inclut une gestion plus marquée de la puissance publique, un point qui semble avoir favorisé leur candidature face à Engie, qui souhaitait garder un contrôle étroit sur l'actif.
Engie et l'avenir face à l'incertitude
Bien que la victoire de Dalkia soit significative, Engie rassure sur la situation des employés actuels de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), qui seront transférés dans la nouvelle société sans perdre leurs droits ni leur statut. Selon les experts du secteur, cette situation pourrait donner lieu à une redynamisation de la concurrence, mais aussi à une vigilance accrue en matière de transition énergétique.
Engie, qui a récemment réalisé une performance boursière impressionnante avec une hausse de plus de 25%, semble déterminée à aller de l'avant malgré ce revers. L'avenir du chauffage à Paris est incertain, mais une chose est claire : cette bataille pour la concession ne fait que commencer.







