Le dispositif VigilanS, mis en place en 2016 par le CHU de Quimper, s’illustre comme un modèle de suivi préventif en Bretagne, visant à éviter les nouveaux passages à l’acte grâce à un suivi téléphonique et postal des patients. Cette initiative, qui ambitionne d’accroître son impact, cible particulièrement les jeunes, une tranche d’âge particulièrement vulnérable.
Le CHU de Brest, gestionnaire du dispositif, fait partie des pionniers dans ce domaine. La Bretagne a été la première région à implémenter ce système, désormais étendu sur tout le territoire français. Cette démarche est cruciale à la lumière de l’essor des hospitalisations pour tentatives de suicide, un phénomène accentué suite à la crise sanitaire liée au COVID-19, comme le souligne Santé Publique France. La Bretagne, figurant parmi les régions les plus touchées, se classe aux côtés de la Normandie et des Hauts-de-France en termes de tentatives.
Un suivi essentiel pour prévenir la récidive
VigilanS vise à accompagner les personnes ayant tenté de mettre fin à leurs jours afin de minimiser les risques de récidive. Les professionnels de santé, qu'il s'agisse des urgences, de médecins traitants ou encore d'infirmières scolaires, jouent un rôle clé en signalant ces patients vulnérables. Les agents du dispositif commencent alors un suivi durant une période de six mois.
Erwan Nouvel, infirmier coordinateur de VigilanS, explique : "Nous contactons les patients dix jours après leur tentative et poursuivons un suivi régulier. Ils peuvent également nous joindre en cas de besoin. Nous avons même recours à des cartes postales personnalisées pour maintenir le lien." L’objectif principal est de rompre l’isolement, un facteur de risque majeur dans ces situations critiques.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : une enquête récente de Santé Publique France révèle une baisse de 38% des récidives chez les patients suivis par VigilanS par rapport à ceux qui n’en bénéficient pas. Selon le Professeur Sofiane Berrouiguet, médecin coordinateur du dispositif, "ces personnes vulnérables ont besoin de connexion sociale pour limiter les risques de réitération de leurs actes suicidaires."
Cibler les jeunes, une priorité essentielle
Aujourd'hui, environ 3.500 personnes sont suivies en Bretagne, et au total 16.500 patients ont été pris en charge par le dispositif depuis sa création. Les individus de moins de 25 ans constituent 40% des bénéficiaires. "L’enjeu est également de les diriger vers d'autres formes d'assistance", précise le Pr Berrouiguet. "Nous cherchons à les orienter vers des psychologues, psychiatres, ou même envisager des traitements par antidépresseurs."
VigilanS aspire à toucher un plus grand nombre de personnes à risque. Actuellement, entre 35 et 40% des individus ayant tenté de suicider bénéficient du suivi. Le dispositif envisage également d'étendre son soutien aux détenus, un groupe souvent négligé.
Le dispositif VigilanS est accessible du lundi au vendredi en journée, tandis que le numéro national de prévention du suicide, le 31 14, reste disponible 24h/24 et 7j/7.







