Des vols de statues, des dégradations de sépultures et des cercueils ouverts pour dérober des bijoux, la France fait face à une recrudescence des pillages de tombes. Les régions de la Mayenne, de l'Ille-et-Vilaine et de Nantes sont particulièrement touchées, suscitant l'inquiétude des familles endeuillées. Deux individus sont actuellement jugés à Laval après avoir été impliqués dans une série de vols dans les cimetières.
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Chaque semaine, Léon rend visite à la tombe de sa femme dans un cimetière de la Mayenne. Mais il n’aurait jamais pensé que son espace de recueillement serait vandalisé. Une statue de la Vierge a disparu du jour au lendemain. "Cela m'a rendu encore plus triste, je ne peux pas décrire cette colère qui m'envahit devant de tels actes", témoigne-t-il, la douleur palpable deux mois après le vol. La statue, qui lui avait coûté 800 euros, n'est plus qu'un souvenir.
Une série de vols dans plusieurs cimetières
Ce pillage n'est pas un fait isolé. Lors d’une seule nuit, douze sépultures en bronze ont été vandalisées. Évelyne Claerebout, maire de Ballots (Mayenne), fait part de son inquiétude : "Nous risquons de devenir la cible de bandes organisées, d'autant plus qu'ils ont visiblement repéré les lieux".
Des plaintes ont été déposées par les habitants. Entre le 10 et le 16 avril, des malfaiteurs ont visité une dizaine de cimetières en Ille-et-Vilaine et en Mayenne, dérobant 84 statuettes en bronze. Une enquête menée par la gendarmerie a abouti à l'identification de deux individus de nationalité roumaine, qui ont reconnu les faits.
Des cercueils ouverts pour voler des bijoux
Les actes de profanation vont parfois encore plus loin. À Nantes, des voleurs ont ouvert des cercueils pour s'emparer de bijoux, comme l’explique Joselito Bozard, dont la mère a été victime : "Ils ont descellé les plaques de béton et cassé le cercueil. Ma mère avait été enterrée avec ses bijoux, mais nous ne savons pas s'ils ont disparu".
D'autres familles, comme celle de Chantal Louaisil, expriment leur désespoir face à cette situation. Les tombes de ses proches ont été vandalisées, ce qui lui impose un coût considérable si elle souhaite réparer les dégâts : "Pour remettre une Vierge ou un vase sur la tombe, cela me coûterait plus de 2000 euros, et c'est vraiment très cher".
Les préoccupations de ces familles ne cessent de grandir. Les individus arrêtés pour les vols en Mayenne et en Ille-et-Vilaine devraient comparaître le 16 juin au tribunal de Laval. Notez que la violation ou dégradation de sépultures est punie par la loi d’un an d’emprisonnement et d'une amende pouvant atteindre 15 000 euros. Selon des spécialistes de la sécurité, il est impératif que les municipalités renforcent la protection des cimetières afin de prévenir de futurs incidents.







