ENTRETIEN. Dans son ouvrage Suicide of a Nation, Matt Goodwin, une figure montante de Reform UK, dépeint une société britannique où la proportion de Britanniques blancs pourrait passer de 74 % à seulement 33 % d'ici 2100. Dans cet entretien accordé à Valeurs Actuelles, il explore son analyse d'un pays qui, selon lui, se « suicide » démographiquement et les implications d'un éventuel gouvernement dirigé par Nigel Farage.
Valeurs Actuelles : Vous avez été reconnu comme l'un des principaux experts britanniques du populisme national. Avez-vous observé un changement dans votre perception du pays ?
Matt Goodwin : Oui, plusieurs éléments m'ont fait revoir ma position. Le Brexit a été un tournant, surtout dans la manière dont la classe dirigeante traite les citoyens, souvent avec mépris. J'ai également été frappé par l'augmentation migratoire : nous sommes passés d'un afflux de quelques centaines de milliers de personnes par an à un million. S'ajoutent à cela des événements tragiques, comme les scandales de grooming et les attaques terroristes, qui ont durablement marqué la société britannique.
En analysant l'impact de l'immigration sur l'économie occidentale, il devient difficile de conclure à des bénéfices nets. Selon différentes études, y compris une récente menée par The Institute for Fiscal Studies, l'immigration de masse pèse davantage sur les finances publiques qu'elle ne contribue positivement.
Le Brexit était-il une réussite ou un échec ?
Le Brexit a surgi comme une réponse à la volonté de réduire l'immigration, qui était majoritairement européenne. Malheureusement, après le référendum, les promesses d'une baisse des flux migratoires n'ont pas été tenues. En effet, sous la direction de Boris Johnson, l'immigration non-européenne a franchi des records, atteignant près de cinq millions dans les quatre dernières années, dont 90 % provenaient de l'extérieur de l'Europe. Cela a façonné notre économie de manière incohérente, car bon nombre de ces travailleurs étaient peu qualifiés et à bas salaires. C'est cette trahison des électeurs qui propulse, aujourd'hui, Nigel Farage à près de 30 % dans les sondages.
À l'aune de cette crise démographique, les propos de Goodwin résonnent de plus en plus comme un appel à une réflexion plus profonde sur l'identité nationale et la direction future du Royaume-Uni.







