Drones autonomes et intelligence numérique : les conflits d'aujourd'hui se modernisent à une vitesse vertigineuse grâce à l'intelligence artificielle (IA). Dans ce contexte, l'armée française s'engage à intensifier sa transformation pour ne pas se laisser distancer dans la course mondiale à l'innovation militaire.
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À l'échelle mondiale, que ce soit dans les combats en Ukraine, à Gaza ou en Iran, l'intelligence artificielle modifie radicalement les stratégies militaires. Consciente des enjeux, l'armée française prétend être prête. "L'IA représente une révolution qui nécessite de changer fondamentalement nos méthodes de travail et nos processus de décision", a déclaré Sébastien Lecornu, ancien ministre des Armées, le 4 septembre 2025. Mais est-ce suffisant ?
Près de Rennes, l'Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD) s'emploie à façonner le futur technologique de l'armée. Lors d'un exercice, un drone piloté par IA s'entraîne à suivre un objectif. Julian, ingénieur principal du projet Pendragon, commente : "Le drone bleu, contrôlé manuellement, fait face à un drone rouge qui navigue de manière autonome et suit le premier." Ce projet ambitionne, d'ici l'année prochaine, de donner vie à une flotte d'unités autonomes destinées à des missions de reconnaissance et de combat.
Renforcer les capacités des militaires
En attendant que ces drones entrent en service, l'IA est déjà utilisée pour assister les soldats sur le terrain. Marie Auffret-Wiener, ingénieure à l'AMIAD, a créé un modèle capable d'identifier des véhicules ennemis à trois kilomètres. "Ce modèle permet de repérer des cibles camouflées que les soldats pourraient rater", affirme-t-elle.
Prochainement, ce système sera intégré aux véhicules de transport de troupes. L'IA trouve aussi son utilité dans des cadres variés, même sous l'eau. Les officiers, appelés "oreilles d'or", bénéficieront d'une assistance IA pour identifier plus rapidement les navires ennemis. Vincent Sébastien, contre-amiral, explique : "L'IA réduit le bruit de fond et permet de se concentrer uniquement sur les signaux d'intérêt. Cela accélérera considérablement leur travail."
La France dans la course à l'IA militaire
Malgré ces avancées, la France peine à se classer parmi les leaders mondiaux en IA militaire. Selon la chercheuse Laure de Rossi-Rochegonde, dans son livre "La guerre à l'ère de l'intelligence artificielle", la France est devancée par les États-Unis et la Chine, deux nations souvent citées pour leurs capacités technologiques, alimentées par des industries privées dynamiques.
Par exemple, l'entreprise américaine Palantir a développé le logiciel Maven qui permet non seulement d'identifier les cibles mais aussi d'élaborer des stratégies d'action. Cameron Stanley, directeur de l'IA au Département de la Défense américain, décrit ce système comme "révolutionnaire". En France, des experts comme Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS, soulignent que l'absence de telles capacités complètes soulève des interrogations éthiques. "Nous n'en sommes pas encore là, mais nous commençons à envisager des scénarios similaires à travers des partenariats comme avec Mistral AI", dit-il.
La société Mistral AI, qui se lance dans la défense, collabore avec l'armée française pour éviter de perdre du terrain dans cette course à l'IA militaire, essentielle pour les conflits futurs. On comprend bien que la guerre de demain sera marquée par des technologies toujours plus sophistiquées.
Parmi nos sources :
Ministère des Armées et Mistral AI
Analyse de l’IFRI, "Le recours à l’IA dans le cadre des opérations militaires marginalise la prise de décision humaine".
Œil du 20H de France 2 : L'IA militaire, une arme redoutable qui gagne du terrain
Interviews :
Vincent Sébastien, contre-amiral, directeur adjoint de l’Amiad.
Liste non exhaustive







