C’est dans ce qui fut le premier supermarché du groupe E.Leclerc, devenu un espace culturel, qu’une rétrospective rend hommage à Andy Warhol, emblème du pop art international.
« Un clin d’œil à notre histoire », confie Michel-Édouard Leclerc : 200 œuvres de l’artiste américain Andy Warhol (1928-1987), célèbre pour ses sérigraphies iconiques, sont exposées dans ce qui fut le premier supermarché E.Leclerc à Landerneau, petite ville bretonne.
Ce « temple de la consommation », ouvert par son père en 1949, selon les mots du patron d’E.Leclerc, est depuis devenu en 2011 le Fonds Hélène et Édouard Leclerc (FHEL) pour la culture, un espace dédié aux expositions. Les produits bien connus tels que le ketchup Heinz et les bouteilles de Coca-Cola prennent ici une nouvelle forme artistique sous le crayon du maître du pop art.
« Un jour, tous les grands magasins deviendront des musées », avait prophétisé Andy Warhol, ayant fait ses débuts dans l’illustration publicitaire. Les œuvres de sa jeunesse ouvrent l’exposition, suivies des célèbres sérigraphies de soupes Campbell’s et d’éponges à récurer Brillo.
« Pour Warhol, il n’y avait pas de différence entre beaux-arts et art commercial », souligne Amber Morgan, directrice des collections du Andy Warhol Museum à Pittsburgh, qui a facilité l’exposition à Landerneau.
Les va-et-vient entre art et publicité caractérisent souvent le travail de Warhol. En 1985, il détourne des publicités en œuvres d’art. Douze ans plus tard, une de ses créations devient à nouveau publicité pour Chanel.
Objet publicitaire
Dans une mise en abyme continue, Warhol s’est lui-même transformé en objet publicitaire, illustré dans une réclame de 1981 aux côtés de sa sérigraphie de Marilyn Monroe. L’exposition met en avant de vibrants portraits réalisés en série, visant à générer des revenus, représentant des personnalités comme Yves Saint Laurent et Truman Capote. Elle se termine par une salle dédiée au mythe américain, avec des œuvres allant de Donald Duck à la chaise électrique, incluant le célèbre symbole du dollar.
Deux peintures de 1981 illustrant la Trump Tower de New York font aussi partie de l’exposition, dont Donald Trump avait un jour envisagé d’acquérir une représentation. « Warhol les a montrées à Donald Trump, mais celui-ci ne les a pas aimées et ne les a pas achetées, » raconte Amber Morgan. L’artiste « était un peu amer de n’avoir jamais été payé », poursuit-elle. L’exposition se tiendra jusqu’au 24 janvier 2027.







