À l’occasion de ses 40 ans, Biocoop Millau se distingue comme un modèle de commerce responsable. Pour évoquer ce parcours, Catherine Morel, la gérante élue des magasins du Crès et des Cascades, partage son expérience et ses réflexions sur l’avenir du bio en France.
C'est en 1985 qu’a commencé l’histoire du Charançon, une société civile fondée par des familles militantes qui souhaitaient rendre les produits bio accessibles. À cette époque, les grandes surfaces n’offraient que peu de choix. Au fil des ans, en devenant coopérative de consommation et sociétaire Biocoop en 2003, l’aventure s’est concrétisée avec l’ouverture de leur premier magasin au Crès en 2007. Aujourd’hui, leurs deux points de vente emploient 21 personnes, dont deux alternants.
Depuis 2025, Biocoop Millau a opté pour le statut de Scop afin de redonner une voix aux salariés. Les 13 membres associés gèrent l’entreprise collectivement, avec une direction élue tous les trois ans. Ce modèle assure que chacun a sa place au sein de l’organisation.
Avec environ 11 000 passages en caisse par mois, la clientèle est hétéroclite, allant des fidèles du Charançon à des consommateurs soucieux de leurs choix alimentaires ou engagés écologiquement. Pourtant, malgré ce succès, Catherine Morel s'inquiète de la santé de la filière bio en France. Selon Le Monde, 386 exploitations ont disparu en 2025, accompagné d'une perte de 100 000 hectares, ce qui témoigne d'un désengagement général envers l’agriculture biologique.
« Il est crucial de défendre une agriculture bio, mais aussi équitable et de proximité », affirme-t-elle. Biocoop s’applique à collaborer avec des producteurs locaux, traitant avec une centaine d’entre eux situés dans un rayon de 100 km.
Néanmoins, certaines références telles que les bananes restent incontournables. « Nous travaillons pour offrir des produits dont la provenance est transparente, même si cela signifie avoir des produits non locaux », explique Catherine. Elle ajoute que l'image du bio comme inabordable ne correspond pas à leur réalité. « Nos prix, justes et équitables, sont accessibles sans actionnaires à rémunérer », rajoute-t-elle. Ce constat souligne l’importance d’un achat conscient qui va au-delà du simple coût, intégrant les dimensions écologiques et de santé.
Les défis à venir sont multiples : maintenir la qualité des produits face à la concurrence des grandes surfaces et aux enjeux d'inflation. En 2026, Biocoop prévoit le réaménagement du magasin du Crès pour améliorer le confort de ses équipes, tout en envisageant une possible ouverture en centre-ville.
Un avenir pour le bio en France
« L’avenir du bio dépendra de notre capacité à promouvoir une agriculture équilibrée, respectueuse de l’environnement et des producteurs », déclare Catherine. Pour célébrer leurs 40 ans, elle souhaite que l’événement reflète les valeurs fondamentales de la coopérative et incite à un moment de partage et de convivialité entre sociétaires, clients et partenaires.
« Notre ADN, celui du Charançon, reste ancré dans nos magasins. Nous voulons célébrer ensemble ce chemin parcouru et réfléchir aux collaborations futures », conclut Catherine, avec l’espoir que cette aventure locale inspire encore de nombreuses autres initiatives.







