Après le sommet Africa Forward tenu en mai dernier à Nairobi, beaucoup se sont interrogés sur la valeur des partenariats entre la France et les créateurs africains. Le quotidien kényan Daily Nation aborde cette question en donnant la parole à divers artistes locaux.

Événement médiatisé par Emmanuel Macron, cette rencontre a suscité des polémiques concernant l'héritage colonial de la France en Afrique. Cependant, le journal affirme que l'action culturelle française, notamment via le programme Création Africa, a joué un rôle crucial dans le développement du secteur créatif au Kenya.

Le programme, lancé en 2024 par le ministère des Affaires étrangères, offre des opportunités de mentorat, des programmes d'incubation et une visibilité internationale. Selon Daily Nation, ce soutien ne se limite pas à une aide financière de 1,2 million d'euros, mais intègre également un accompagnement structurant qui transforme l'écosystème créatif.

Un soutien encore indispensable

De nombreux artistes témoignent de l'influence positive de ces initiatives sur leur parcours. La musicienne Nile Dwata souligne l'importance d'apprendre à naviguer dans le milieu créatif. "Il y a un fossé entre les créatifs et ceux qui ont de l'argent", indique-t-elle, ajoutant que le programme l'a aidée à mieux communiquer sa vision aux financeurs.

Selon le Daily Nation, bien plus qu'un soutien économique, les artistes bénéficient de réseaux, de mentorat et de la confiance nécessaires pour accéder à des écosystèmes artistiques mondiaux précaires. Cette réalité complexe ne saurait être ignorée dans le débat actuel sur la relation entre la France et l'Afrique.

« Les critiques envers la présence de la France en Afrique illustrent des frustrations historiques, mais elles se heurtent aussi à une dynamique positive observable dans le secteur culturel », conclut le quotidien. Pour les créateurs, la question est de savoir comment bâtir des industries durables et faire entendre leurs histoires sur la scène mondiale. Les partenariats avec la France, bien que sujet à débat, demeurent des opportunités significatives pour ceux qui cherchent à faire évoluer leur art dans un contexte où le soutien est souvent complexe à obtenir.