Le 28 mai, le Sénat a mis en lumière une réforme cruciale en votant pour garantir l'assistance d'un avocat à tous les enfants placés ou protégés. Bien que cette mesure soit largement saluée, elle a été reportée à janvier 2027 par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué le manque d'avocats formés et un coût annuel estimé à 300 millions d'euros.
Cette initiative, portée par la députée socialiste Ayda Hadizadeh, a suscité un large consensus au sein du Sénat. Actuellement, environ 380 000 jeunes bénéficient de mesures d'assistance éducative, mais une grande majorité d'entre eux n'ont pas accès à un avocat, surtout dans des moments décisifs pour leur avenir.
« À sept ans, certains savent déjà ce qu'est la honte. À huit ans, certains savent déjà ce qu'est la peur », a dénoncé le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli. Il a exprimé son indignation face à la nécessité de voir ces enfants affrontés seuls à des procédures judiciaires cruciales.
Une réforme nécessaire mais complexe
Le texte, qui vise à assurer la présence d'un avocat sans condition de discernement, lève un enjeu essentiel pour la protection de l'enfance. Cependant, Gérald Darmanin a alerté le Parlement sur la difficulté de sa mise en œuvre, évoquant l'insuffisance d'avocats qualifiés et redoutant de possibles « audiences reportées » qui pourraient laisser des enfants vulnérables en danger.
Face à ces préoccupations, une solution temporaire a été adoptée, déplaçant la mise en œuvre de la réforme au 6 janvier 2027, sous réserve d'approbation par les députés lors d'une prochaine lecture prévue le 30 juin. Bien que les sénateurs aient largement soutenu cette initiative, plusieurs d'entre eux, comme la sénatrice Sophie Briante Guillemont, se sont montrés sceptiques quant à la capacité du gouvernement à réaliser cette promesse dans les délais impartis.
Temple de l’avenir des enfants, cette réforme pourrait avoir un impact positif, mais nécessite une mise en œuvre réfléchie et une adéquation entre les besoins juridiques et les ressources disponibles. La question de la préparation du gouvernement reste donc au cœur des débats.







