Chaque année, des milliers d'oiseaux marins perdent la vie dans des filets de pêche, un drame souvent méconnu du grand public. Trois organisations non gouvernementales (ONG) ont décidé de prendre les choses en main en saisissant le Conseil d'État pour dénoncer l'inaction de l'État français à ce sujet. Ce recours, déposé le 21 avril 2026, met en lumière une situation alarmante face à la préservation des espèces maritimes.
Les ONG Sea Shepherd, Défense des milieux aquatiques et ClientEarth affirment que près de 34 000 oiseaux marins sont tués accidentellement chaque année en raison des pratiques de pêche. Philippe Garcia, président de Défense des milieux aquatiques, décrit cela comme une « catastrophe invisible », ajoutant que « les oiseaux meurent en mer, coulent, et personne ne s'en aperçoit ». Les espèces les plus touchées incluent des oiseaux emblématiques tels que le puffin des Baléares, le fou de Bassan et le guillemot, dont les effectifs sont en forte baisse.
Point de friction : la responsabilité de l'État
Les ONG avancent également que moins de 1 % des opérations de pêche sont contrôlées, ce qui les pousse à parler d'un manque de données fiables et d'une carence dans l'application des réglementations sur le terrain. Philippe Garcia déclare : « Si nous voulons régler ce problème, il faut agir au niveau de l’État ». La démarche des ONG n'est pas une cible envers les pêcheurs, mais plutôt une mise en cause des autorités décisionnaires qui ne prennent pas les mesures nécessaires.
Les pêcheurs clament leur engagement
Dans cette affaire, les pêcheurs se défendent. Yannick Calvez, président du Comité des pêches du Finistère, martèle qu'ils travaillent depuis plusieurs années à résoudre ce problème en collaboration avec des scientifiques. « Nous avons analysé les interactions entre la pêche et les oiseaux marins pour trouver des solutions », dit-il. De plus, 17 navires participent actuellement à un programme expérimental visant à collecter des données précieuses. Cependant, il redoute que cette plainte entraîne des interdictions qui pourraient nuire à leur activité, comme cela avait été le cas avec la fermeture du Golfe de Gascogne pour protéger les dauphins.
Calvez déplore également que la ministre de la Pêche, Catherine Chabaud, n'ait pas abordé ce sujet lors de sa dernière visite au Guilvinec. Malgré la reconnaissance des captures accidentelles, les solutions proposées laissent les deux parties en désaccord.
Ni le ministère de la Transition écologique ni celui de la Mer et de la Pêche n'ont répondu aux sollicitations d'ICI Breizh Izel concernant cette problématique cruciale. La gestion des écosystèmes marins et la protection des oiseaux marins demeurent donc au cœur d'un débat essentiel et en plein essor.







