Le Café des Signes, situé à La Chapelle-des-Pots près de Saintes, propose des ateliers gratuits visant à initier les participants à la langue des signes. Ces sessions, accessibles à tous, se déroulent deux fois par mois, les vendredis soirs et samedis après-midis.
Anne et Romain Hureau, qui ont quitté Rennes pour s'installer en Charente-Maritime, ont rapidement constaté l'absence d'un espace pour les personnes malentendantes souhaitant communiquer en langue des signes. C'est ainsi qu'ils ont décidé de fonder l'association Poupenn et de créer ce café. Leur objectif consiste à établir un cadre convivial où l'initiation à la langue des signes remplace les formations formelles. Chaque participant vient à son rythme, sans exigences de performance ni de certification.
« La seule difficulté, ce sont certaines personnes rencontrant des problèmes d'articulation des doigts, ou celles qui ont perdu un membre », souligne Romain Hureau.
Parmi les participants, Jean-Marc et Martine Bourel affirment que leur motivation découle de la nécessité d'échanger : « Ma femme est malentendante et cela risque de s'aggraver, donc nous devons anticiper pour communiquer », explique Jean-Marc. Martine ajoute : « L'apprentissage requiert environ deux heures de pratique quotidienne, nous devons travailler tous les jours. »
Un choix pratique et nécessaire
En France, les personnes souffrant de déficiences auditives sont nombreuses. Patrick Gourmeron, membre de l'association Poupenn, évoque une communauté de plus de 500 millions de personnes, dont 480 000 sourds. « C'est un vrai manque de représentation dans les médias », affirme-t-il.
Il conclut en exposant les avantages pratiques de cette langue : « En concert, on peut communiquer à distance sans avoir à crier. Également, dans un milieu hospitalier, cela peut s'avérer crucial pour les patients intubés qui ne peuvent s'exprimer oralement. »
Olivier Senoq, un apprenant motivé, partage son expérience : « J'ai toujours voulu apprendre la langue des signes, et maintenant c'est une réalité. Avoir un partenaire pour réviser à la maison est essentiel. »
Pour Karine Boubault, il est devenu indispensable de maîtriser cette langue, notamment pour interagir avec sa sœur : « Si nous voulons communiquer avec elle, il est normal d'apprendre la langue des signes pour moi. »







