Deux praticiens, un chirurgien et un anesthésiste, se présentent devant le tribunal correctionnel du Havre pour homicide involontaire. En janvier 2018, Marcelline, âgée de 21 ans, perd la vie suite à des complications post-opératoires après une opération de by-pass gastrique. La question qui se pose : les médecins auraient-ils dû réagir différemment face aux symptômes ?
Lors de l'audience, qui a eu lieu le 30 avril, les deux médecins ont été appelés à répondre de leurs actes. Marcelline avait subi l'intervention dans la clinique des Ormeaux, une opération courante pour les individus en surpoids, déjà pratiquée sur plusieurs membres de sa famille. L'opération, initialement réussie, est suivie d'une dégradation de son état, entraînant son décès trois jours plus tard dû à une péritonite, une inflammation sévère de la cavité abdominale.
Une accumulation de faits qui auraient dû alerter
Le président du tribunal a rappelé que le dossier était d'une grande complexité. Les rapports d'expertise évoquent une série de symptômes, tels qu'une fréquence cardiaque élevée, des problèmes respiratoires et des douleurs abdominales, qui auraient dû alerter le personnel médical. La communication entre l'anesthésiste et le chirurgien semble avoir été défaillante. Selon le premier, il a géré l'urgence, tandis que le chirurgien, lui, aurait dû assurer le suivi post-opératoire, d'après ses dires, en raison de son engagement et de sa fréquence d'opérations.
Les avocates des parties civiles et la procureure ont mis en avant les lacunes dans la communication entre les deux médecins, soulignant que le chirurgien n'a pas été informé des symptômes préoccupants de Marcelline. Il a même affirmé qu'il aurait pu intervenir en cas d'urgence s'il avait été alerté plus tôt. Ce manque de coordination soulève des interrogations : l’anesthésiste aurait-il négligé une vue d'ensemble de la situation en ne traitant que les symptômes isolés ?
Critiques acerbes et injustices ressenties
« Nous attendions des explications plus convaincantes », a déclaré l'avocate de la famille, en précisant que le chirurgien n'a même pas consulté le dossier médical post-opératoire de Marcelline. Cela soulève des questions sur la responsabilité des médecins dans cette tragédie. L’un des avocats de la défense a plaidé qu'une rétrospective de la situation ne devrait pas mener à une sanction pénale.
La famille, présente lors de cette audience de sept heures, s'est déclarée « déchirée », affirmant que les médecins ont agi avec une confiance aveugle en leur pratique médicale. « C’est intolérable, ils continuent de pratiquer sans répercussions », a exprimé l’un des frères de Marcelline. L’émotion est palpable, et la volonté de justice pour Marcelline est clairement affichée.
Le procureur a requis 15 mois de prison avec sursis pour les médecins, tandis que leurs avocats ont plaidé pour leur relaxe. Le jugement sera rendu le 21 mai. Ce cas met en lumière les enjeux cruciaux de la communication et de la responsabilité médicale, des thèmes qui préoccupent la société française et soulèvent le débat sur la confiance accordée aux professionnels de santé.







