Des milliers de cyclistes, qu'ils soient à énergie humaine ou électrique, déambulent sur les ponts de Bordeaux, mais une nouvelle tendance suscite l'inquiétude. Les fatbikes, ces vélos électriques massifs, gagnent en popularité, et avec eux, des comportements de conduite jugés dangereux. La municipalité, sous l'égide du maire Thomas Cazenave, a décidé d'agir promptement pour contrôler cette situation. Depuis un mois, les interventions policières se multiplient, sanctionnant les excès de vitesses de ces engins souvent débridés.
Une promesse de sécurité
Géraldine Amouroux, adjointe à la sécurité, précise : "Ce n'est pas une cabale contre les cyclistes, mais il est impératif de prendre en compte les vitesses excessives dans des zones où les usagers se croisent souvent. Alors que l'arrivée des trottinettes a déjà déclenché des comportements irresponsables, il semble que les fatbikes exacerbent ces problèmes de cohabitation." Les policiers observaient ainsi des vitesses atteignant jusqu'à 50 km/h, jugées extrêmement dangereuses.
Les contrôles se concentrent principalement sur les quais de Bordeaux, où chaque jour, jusqu'à 10 000 cyclistes empruntent ces voies. Un policier national accompagne les équipes locales afin de vérifier les identités et saisir les vélos non conformes. "Nous allons traquer les débridages", ajoute un agent de police, assurant que l’objectif est de garantir la sécurité de tous.
"La vitesse excessive sur un fatbike transforme l’expérience de cyclisme en défi insensé, où seul l’adrénaline semble compter", souligne Ludovic Fouché, coprésident de l'association Vélo-cité.
Problématiques de l'ubérisation
Avec l'ubérisation croissante, les fatbikes sont devenus un outil de travail essentiel pour environ 8 000 livreurs à Bordeaux. Jonathan L'Utile Chevallier, coordinateur de la Maison des livreurs, affirme : "Les temps de livraison s'accélèrent, créant une concurrence exacerbée. Des frais de livraison de 3,76 euros pour un trajet de 20 km mettent une pression énorme sur les livreurs, et la majorité d'entre eux choisissent d'utiliser ces vélos rapides pour ne pas perdre leur gagne-pain." Cette situation soulève d'importantes questions sur la sécurité des livreurs et des autres usagers de la route.
Vers une régulation nécessaire
Concernant la réglementation, la vitesse limite pour un fatbike est de 25 km/h, mais des modifications ont permis au cycliste d'atteindre 30 km/h sur la route, alors qu'il doit se limiter à 5 km/h dans les zones piétonnes. Ludovic Fouché insiste sur le besoin d'aménagements adaptés à cette nouvelle réalité : "Les infrastructures doivent évoluer pour prendre en charge le volume croissant de vélos et garantir la sécurité de tous en ville." Les décisions de la municipalité sont donc attendues avec impatience, alors que la sécurité routière doit rester une priorité dans la métropole bordelaise.







