Ce mercredi, Île-de-France Mobilités a annoncé un été « intense » pour les usagers des transports à Paris et en Île-de-France. En effet, de "grands travaux" vont provoquer des perturbations dans le métro, RER et tramway. Dans ce contexte, la question de l'utilisation de la Seine comme alternative mérite d'être posée.
Alors que la Seine regorge de bateliers, permettant d'accéder à de nombreux points névralgiques de Paris, aucune solution de transport public n'est actuellement exploitée. D'autres métropoles comme New York ou Rotterdam se servent efficacement de leur réseau fluvial. Le tracé de la Seine pourrait très bien permettre de relier les quartiers est et ouest de la capitale.
L'expérience Voguéo et l'alternative Batobus
L'idée de développer un service de transports en commun sur la Seine n'est pas nouvelle. Étudiée dans les années 90, elle a été concrétisée entre 2008 et 2011 avec le service Voguéo, reliant la gare d'Austerlitz à Maisons-Alfort. Malgré son intégration au réseau de transport via le pass Navigo, le service a malheureusement été arrêté en 2013.
De son côté, la compagnie Batobus effectue des rythmes saisonniers et touristiques, mais n’est pas considéré comme un véritable transport en commun. Arnaud Daniel, directeur des activités tourisme de Sodexo Live, admet que « Les Parisiens et Franciliens utilisent beaucoup le Batobus, surtout le week-end. »
Obstacles logistiques et nécessité d'investissements
Mais plusieurs défis freinent cette évolution. La Seine est extrêmement fréquentée, autant par le transport de marchandises que par le tourisme. Un service de transport public nécessiterait d'augmenter le nombre de bateaux, et les infrastructures actuelles sont souvent occupées par des activités touristiques. Des investissements massifs seraient nécessaires pour adapter les quais et garantir l'accès aux personnes à mobilité réduite.
Ajoutez à cela le coût d'équipements comme des bateaux électriques et des exigences de personnel, cela soulève des questions de viabilité économique. Selon des experts de l’industrie, la moyenne de passagers de Voguéo durant son exploitation était très faible, ce qui n’est pas synonyme de rentabilité.
Des exemples inspirants à l'échelle nationale
Bien que le développement d'un service de transports en commun sur la Seine soit incertain, d'autres villes en France réussissent là où Paris peine. À Nantes, les Navibus transportent près de 3.000 passagers quotidiennement, tandis qu'à Lyon, le Navigône a déjà enregistré un grand succès depuis son lancement. Marseille offre également le Ferry boat pour une traversée abordable.
Contacté, Île-de-France Mobilités a indiqué qu'ils explorent toutes les possibilités pour les transports fluviaux. Dans leur étude, ils reconnaissent que le canal de l'Ourcq pourrait potentiellement offrir un réseau plus efficace pour les Franciliens.







