Depuis la capture du président Nicolás Maduro le 3 janvier, le gouvernement vénézuélien fait face à une pression accrue de la part des États-Unis, qui se traduit par des libérations massives de prisonniers. Quarante-six des quelque 170 détenus, en majorité des employés du secteur pétrolier, ont été relâchés jeudi soir de la prison de Yaré, située au sud de Caracas, a rapporté l'AFP.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a récemment promulgué une loi d'amnistie permettant la libération de centaines de prisonniers. Cependant, près de 500 personnes qui ne rentrent pas dans le cadre de cette loi demeurent derrière les barreaux. Ces cas concernent l'affaire PDVSA Obrero, où 173 individus ont été arrêtés en 2025, accusés de sabotage et de détournement de fonds, selon des informations relayées par Le Figaro.
Des familles anxieuses attendaient devant la prison pour retrouver leurs proches. Gilda Suarez, par exemple, espère la libération de son frère, René Suarez, incarcéré depuis neuf mois. "Nous avons reçu des informations par téléphone qui laissent penser qu'ils sortiraient. Nous prions pour cela", a-t-elle confié.
Un ancien détenu, qui a retrouvé sa liberté, a exprimé son désarroi face à la lenteur du processus d'amnistie : "C'est beaucoup trop lent par rapport à ce qu'on entend. Cela avance comme une tortue." Il a précisé qu'il est sous liberté conditionnelle, ayant travaillé plus de 30 ans dans l'industrie pétrolière sans jamais avoir commis de malversations.
Ce climat incertain et complexe sur le plan politique rend difficile les prévisions futures dans ce pays en crise, mais ces libérations témoignent de l'urgence d'un changement. Les frontaliers de la situation vénézuélienne, tels que Jean-Claude Vena, expert en politique latino-américaine, soulignent que ces avancées, bien que positives, doivent être suivies d'autres réformes pour assurer un véritable changement dans le pays.







